La Pédagogie Freinet et la Méthode Naturelle

La Méthode Naturelle de Célestin Freinet

Un principe organisateur : Le  Tâtonnement  Expérimental

Vous trouverez dans cet article une définition de la notion de Tâtonnement Expérimental, principe central et organisateur  de la Méthode Naturelle de Célestin Freinet. Je développe ce point de vue et je montre comment il  s’articule avec  les autres principes : Expression, Communication, Coopération.

Je défends ensuite l’idée que le Journal Scolaire permet de donner sens et vie au Tâtonnement Expérimental parce que ce journal de la classe est le chef-d’œuvre, la pièce maitresse du travail et de la vie collective dans la classe.

Je termine en questionnant des supports d’aujourd’hui : le blog et le cahier de vie et en exposant les dangers que rencontre le Tâtonnement Expérimental à l’école maternelle aujourd’hui…

Un point de vue  sur la pédagogie Freinet :

Il me semble qu’aujourd’hui il y a de plus en plus nécessité de mettre en avant ce qui peut distinguer les formes de pédagogie pour permettre de comprendre en quoi elles répondent, ou non, aux valeurs qu’on leur accorde…

En ce qui me concerne aujourd’hui, c’est sur la base du développement naturel de la pensée de l’enfant que je situe ce qui peut différencier la pédagogie Freinet. C’est bien l’enfant  et son développement naturel qui sont au centre de cette pédagogie et cela se traduit par le fait que le tâtonnement expérimental de l’enfant y est privilégié.

Aucun matériel défini, aucun  récit préconstruit. Les références de l’enfant se construisent petit à petit en fonction de son intérêt, de ses besoins, de son développement. Le rapport au savoir se construit donc à partir de ce que l’enfant explore, questionne, expérimente et organise, à sa façon et à son rythme.

C’est l’enseignant qui doit s’adapter au développement de la pensée de l’élève. Il n’est pas, comme dans la pédagogie Montessori, celui qui détermine le chemin et le rapport au savoir, par l’apport d’un matériel qui ordonne la curiosité,  l’action et l’expérimentation. Il écoute et organise la possibilité de projets d’apprentissages individuels et collectifs, au travers de situations de sens en lien avec la vie.

Cela ne signifie pas qu’il doive subir les pulsions ou la toute-puissance…. La vie ensemble suppose une organisation qui définit des règles de vie, le respect  de chacun et du principe de réalité!

Cette posture d’enseignant n’est pas forcément confortable. Il y a une tension permanente à gérer entre :

les projets des élèves / les apprentissages / le programme / l’évaluation.

Un enseignant qui pratique la pédagogie Freinet  ne peut pas tout définir à l’avance. Il doit pouvoir rebondir à la fois sur les propositions des élèves et sur la faculté d’y lire les apprentissages possibles à ce niveau d’âge. Il s’agit d’un autre rapport au savoir, d’une autre posture, d’une autre formation…

Cela génère souvent le doute sur ce qui est fait et ce qui est acquis, l’inquiétude sur la validité à faire reconnaitre à l’extérieur et la difficulté de vivre au quotidien une différence qui interroge.

Il ne s’agit pas de Méthode Freinet, mais d’une Méthode Naturelle…

Méthode

Dictionnaire Robert : metodos : recherche ; hodos : route, chemin

Démarche de l’esprit pour découvrir et démontrer la vérité. Démarche raisonnée, suivie, pour parvenir à un but.

Ensemble ordonné de principes, de règles, permettant de parvenir à un résultat.

La Méthode Naturelle : deux mots qui peuvent sembler contradictoires

Une Méthode s’appuie le plus souvent sur des critères d’action définis qui prédisent et déterminent  le résultat de l’action. La Méthode Naturelle possède une singularité qui  la  distingue de la signification que lui accorde le sens commun. Elle situe la possibilité d’une méthode pour l’enseignant mais elle définit ses principes d’action non pas par la place de  de l’enseignant, mais par celle de l’élève ; par la nécessité du tâtonnement expérimental de l’élève qui va guider et orienter cette  méthode.

La Méthode Naturelle de Célestin Freinet porte ce nom parce qu’elle situe au centre de la vie de la classe, le développement naturel de la pensée de l’élève. C’est parce qu’elle respecte avant tout le développement naturel du Tâtonnement Expérimental des élèves  qu’elle porte ce qualificatif de Naturelle, qui s’oppose souvent à ce que peut recouvrer ce mot de Méthode…

La Méthode Naturelle consiste à ne pas avoir de méthode définie pour elle-même mais à s’appuyer sur l’élève, à développer son potentiel de vie qui se réalise par le Tâtonnement  Expérimental.

Des principes organisateurs, qui guident l’action pédagogique :

Pour autant la Méthode Naturelle s’appuie sur des principes pédagogiques, c’est-à-dire sur  des valeurs  qui permettent que l’action pédagogique favorise toutes les conditions pour que ce Tâtonnement Expérimental naturel des  élèves puisse prendre place dans la classe par l’expérience personnelle et collective.

  • C’est à partir de l’expression de l’élève que le rapport au savoir va se construire.
  • C’est à partir de la nécessité de communiquer avec les autres à l’intérieur de la classe mais aussi avec l’extérieur, avec la vie, que les situations vont donner sens aux différents projets portés par les élèves et par le groupe classe.
  • Il s’agit bien d’une classe, des élèves qui vivent ensemble, d’une mini-société qui doit évoluer pour permettre à chacun d’y trouver une place, tout en respectant les autres… Un  principe fondamental d’action pédagogique va orienter la vie de classe : la coopération.

Le Tâtonnement Expérimental : un processus naturel qui permet le développement de la pensée

Le mot expérimental est connoté et  souvent associé au mot méthode puisqu’on parle de la méthode expérimentale de Claude Bernard. Le sigle OHERIC : Observation Hypothèse Expérience  Résultat Interprétation Conclusion, a été présenté pour définir un modèle de démarche scientifique. Il s’agit bien d’une méthode qui définit par des  étapes très précises un fil conducteur d’une pensée scientifique qui place au cœur de sa pratique la nécessité de la déduction logique.

Il y a parfois confusion entre ces différents termes et le sens du tâtonnement expérimental peut s’en trouvé coloré. Le Tâtonnement Expérimental ne définit pas une démarche scientifique et il n’est pas défini par la seule idée de la répétition essais/ erreurs.

Le Tâtonnement Expérimental recouvre l’idée que la pensée se développe naturellement au contact des situations de la vie et des autres. L’enfant, dès le plus jeune âge, observe, agit, essaie, recommence, se confronte aux autres, au principe de réalité et recommence encore, sur la base de ses besoins et de son désir de vie. C’est cette pulsion de vie qui le porte à se confronter aux objets, aux phénomènes naturels et aux autres. Il a besoin d’exister et c’est par son expression dans tous les domaines qu’il va développer la possibilité d’exercer son pouvoir de vie sur tout ce qui l’entoure. Il cherche à voir ce qu’il est capable de faire, quels sont les effets produits par ses gestes, ses actions, ses expériences. Cette expérience tâtonnée se réalise sans cesse et dans tous les domaines et elle oriente et construit le développement de la pensée.

Quand il n’est pas freiné par des expériences malheureuses successives ou par un regard dévalorisant, l’enfant essaie et il recommence. Il ne va pas toujours recommencer de la même façon mais il tourne autour de quelque chose qu’il va peu à peu cerner.

C’est bien sur la base de ses essais qu’il va construire des routines, c’est-à-dire des acquisitions qui deviennent des habitudes de fonctionnement ou des repères pour continuer parce que ses essais, dans cette situation, lui ont apporté la confirmation que c’est comme cela que ça se passe ou que ça fonctionne, de son point de vue. Son action devient alors maitrisée, voire automatique. Il s’est rendu maitre de cette situation. Et du coup, cette situation devient bien évidemment moins intéressante puisqu’il en possède la maitrise! Il va donc passer à autre chose….

Au fur et à mesure de ses essais, l’enfant construit petit à petit un chemin d’expériences tâtonnées qui lui sont propres et qui vont donner sens à ses questionnements. Il va aussi s’ouvrir au regard et à l’attention de l’autre. Il va ouvrir son point de vue en fonction des expériences des autres et cela orientera ses actions futures et son développement de pensée. C’est ce chemin de vie et d’expériences tâtonnées que situe la notion de Tâtonnement Expérimental. Il relève d’un processus du développement de la pensée.

Pour permettre ce Tâtonnement Expérimental, ce développement naturel de la pensée, la Méthode Naturelle s’appuie donc sur l’enfant, sur son expression, ses besoins, ses questionnements, son potentiel naturel de vie.

Le Journal Scolaire : un chef d’œuvre  coopératif qui donne sens au travail de la classe

Le Tâtonnement Expérimental ne peut pas prendre place dans des situations qui sont vides de sens pour l’élève. Il y a donc nécessité de construire avec les élèves des projets dans lesquels ils se reconnaissent en tant que personne, en tant qu’enfant, en tant qu’élève. Pour Freinet, cela ne peut se réaliser que dans le travail coopératif parce que  la classe reflète la vie en société et qu’il souhaite développer le rapport à une société plus juste, qui s’exercerait en donnant à chacun une place, un travail  dans lequel chacun peut s’épanouir.

Freinet va donc relier l’expression des élèves, la coopération dans le travail de classe et la communication avec la vie, en proposant de réaliser un Journal Scolaire.

Ce fut une véritable révolution parce que cette fois, écrire c’était donner place à une vraie expression, à un message authentique des élèves. Réaliser un journal de classe, c’était donner place à une vie coopérative des élèves. Le communiquer à l’extérieur, c’était donner place au sens d’un message authentique et le mettre en lien avec la vie à l’extérieur de la classe.

Jusque-là, l’école fonctionnait avec un contenu extérieur à l’élève, déterminé par l’enseignant et cloisonné à l’intérieur de la classe. Ce journal scolaire donne naissance à un  rapport au savoir qui n’est plus de même nature. Il est en lien direct avec l’intérêt que l’élève lui porte et il ne se construit plus seul mais en groupe. Il est de plus en lien avec la vie, avec l’extérieur.

Ce sont toutes ces valeurs de rapport à l’autre, de travail ensemble, et d’ouverture sur la  vie extérieure que porte ce journal scolaire qui devient l’élément central de la vie de classe.

Le groupe classe devient alors une mini-société qui porte des projets et qui communique à l’extérieur l’expression de toute cette vie. Ce journal est envoyé à beaucoup d’autres classe qui vont le lire et qui vont y répondre en envoyant elles aussi l’expression de leurs élèves et de leur vie de classe, leur journal.

La boucle du rapport au savoir est ainsi bouclée. L’expression des uns alimente l’expression des autres. La curiosité est alimentée aussi bien par des réponses que par des questions. Les recherches et les sorties permettent de construire l’ouverture et les projets. L’écriture est en lien avec la lecture. Le calcul est vivant.

Aujourd’hui on n’utilise plus forcément les mêmes supports, les mêmes outils.

Deux outils de communication aujourd’hui: le blog, le cahier de vie

Le blog : une communication avec l’extérieur  ?

Les sites puis les blogs remplacent souvent le journal papier. Cela peut changer la coopération et le contenu des messages. Le journal papier, réalisé ensemble, dont le support déterminait un espace visible et fini, permettait la nécessité d’un choix et donc d’une mise en lien directe, perçue. Il y avait une coordination et une cohésion d’ensemble nécessaires.

Le blog donne place à une vision plus linéaire, successive et il situe plus des expressions juxtaposées dans l’espace comme dans le temps. La vision d’ensemble n’apparait pas forcément. Et chacun ou chaque article, peut y  apparaitre sans que le lien avec les autres soit nécessaire. La régulation et la cohésion se construisent alors différemment.

Ce blog est aussi différent parce qu’il ne répond plus nécessairement à une autre classe. Il relève de l’expression mais ne se situe plus toujours dans la communication directe avec un public défini, identifié, qui lit et répond régulièrement. Et très souvent cela rejaillit sur le contenu… Les échanges et le questionnement sur la différence de l’autre, qui alimentaient directement le journal envoyé ou reçu, deviennent aléatoires et ne conduisent pas le même rapport à la vie. On écrit pour être lu et vu sur le blog. Pas forcément pour communiquer  avec  un rapport au savoir commun qui se construit dans l’échange.

Le tâtonnement expérimental de l’élève ne se développe pas alors sur les mêmes bases.

Les cahiers de vie : une visibilité des activités ?

Le cahier de vie remplit souvent la fonction du « donner à voir » en maternelle, pour deux raisons essentielles :

Les enfants ne savent pas écrire et il faut donc soit écrire à leur place, soit montrer ce qu’ils font.

Les enseignants, soumis à la pression et aux attentes de l’institution et des parents, souhaitent construire une trace qui montre que la vie de classe permet aux enfants d’apprendre ,ce qui reste toujours à démontrer en maternelle quand on laisse les enfants jouer ou s’exprimer dans des activités de leur choix….

Du temps de Freinet , il y avait peu d’enfants en maternelle. Les jeunes enfants étaient scolarisés plus tard et participaient le plus souvent à la vie d’une classe enfantine qui regroupait les plus jeunes avec les plus grands. Ces enfants participaient à une vie de classe dans laquelle ils voyaient faire les plus grands qu’ils écoutaient et regardaient avec l’envie de grandir et de faire comme eux plus tard. Dans le journal de la classe apparaissaient certains de leurs dessins ou certains textes écrits avec l’aide de ceux qui savaient faire.

Aujourd’hui les enfants de même age sont regroupés en maternelle et ne bénéficient donc pas de l’apport des plus grands. Un certain nombres de classes de maternelle réalisent une communication avec l’extérieur dans ce qui est appelé Cahier de vie. Le mot cahier renvoie implicitement la nature de la place qui est accordée à cette forme de communication. Elle se situe dans un cahier que chaque élève possède et qui le plus souvent donne à voir  les activités de la classe. L’expression des élèves devient scolaire. Ce n’est plus la vie de l’élève, son intérêt pour le monde, qui alimentent l’expression.  Elle se réalise sur la base de leur participation aux activités de classe.

Cela ne donne plus la place à un développement du tâtonnement expérimental de l’enfant. Il n’y a plus d’enfants mais des élèves.

Le Tâtonnement Expérimental en maternelle est en danger

Le développement naturel de la pensée de l’enfant de maternelle se réalise à partir de son expérience tâtonnée. C’est à partir du concret, du visible, du sensible et de sa curiosité que l’enfant de moins de 6 ans peut construire un rapport ouvert et complexe. Les supports abstraits sont difficiles d’accès et les codes sociaux sont vides de sens quand ils ne sont pas reliés à des situations de vie authentique : lire une histoire; regarder  dans un documentaire des renseignements sur la chenille qu’on a ramenée de dehors ; faire de la cuisine, du jardinage, de la couture, des colliers,  pour…etc…

La pédagogie Freinet en maternelle suppose aujourd’hui encore plus de formation et de détermination parce qu’on attend des enseignants et des élèves un rapport au savoir qui ne dépende plus du développement naturel  de la pensée de l’enfant. On ne respecte plus, au niveau des programmes, ses besoins, ses intérêts, ses capacités, son rythme. Et on ne le situe plus que comme un élève qui doit être évalué et rentrer dans des cases que des items vides de sens déterminent.

Notre société anxiogène génère un rapport à l’enfance qui demande à l’école de répondre à deux commandes contradictoires :

  • respecter l’épanouissement de l’enfant
  • le faire travailler comme un élève en fonction de situations d’apprentissage organisées sur les mêmes bases qu’à l’école élémentaire : écoute, attention, obéissance à des consignes, travail sur feuille, entrée dans les codes de l’écriture .

Il devient difficile de faire vivre le Naturel : la liberté de

  • jouer avec des objets qui symbolisent la vie au niveau du concret : garage, marchande, cuisine, poupée etc…
  • participer vraiment à des activités de cuisine, couture, bricolage etc…
  • expérimenter avec des matériaux de base : sable, eau, air, papier, carton, ficelles, cailloux etc…
  • sortir pour voir ce qui se passe dehors, dans les jardins ; regarder les animaux ou les plantes etc…
  • lire des histoires au calme, au gré des demandes et non pas toujours en groupes organisés ;
  • vivre des activités motrices qui permettent un vrai développement du rapport au corps, laissent la liberté d’action, autorisent la prise de risque et un rapport aux autres qui n’est pas organisé par l’adulte.

Et cela sans consigne, sans attente, à son rythme. Sans pression scolaire !

On a oublié que pour que l’enfant devienne un élève, qu’il accorde attention et sens à ses activité scolaires à partir du CP, il y a nécessité de le laisser grandir naturellement en maternelle.

  • Il doit passer par la découverte et la maitrise son corps.
  • Il doit pouvoir se confronter au réel dans toutes ses formes et développer ainsi ses capacités de : distinguer, séparer, relier, comparer, questionner, expérimenter.
  • Il doit avoir construit la réversibilité de sa pensée dans le temps et non pas juxtaposer  tous les évènements de manière linéaire.
  • Il doit pouvoir comprendre que tout n’est pas pareil, possible et que tout se transforme.
  • Il doit construire un point de vue qui lui permet d’entendre les autres, de voir que tout le monde ne pense pas pareil, de comprendre que tout le monde peut se tromper et qu’il suffit de recommencer…
  • Il doit pouvoir construire un esprit critique qui lui permettra de continuer à chercher et de ne pas être à la merci de vérités toutes faites.

Bref, il doit se construire en tant qu’enfant pour pouvoir ensuite entrer dans les codes de toutes nature et personne ne peut le faire à sa place. Si ce développement de la pensée n’est pas construit avant le CP, les capacités de l’enfant seront limitées et il lui deviendra plus difficile de s’insérer dans un projet scolaire d’élève.

C’est donc en maternelle que le Tâtonnement Expérimental est le plus en danger. Ces enfants-élèves de maternelle sont soumis à des attentes et des pressions qui entravent leur développement naturel de pensée et les enferment dans le conditionnement de leur entourage familial et scolaire.

Cela conduit à renforcer des inégalités, une estime de soi située dans le jugement de valeur et la compétition, et une difficulté à comprendre et accepter l’intérêt des apprentissages.

Cela conduit aussi à accorder au matériel Montessori une prépondérance et une visibilité que les médias et les centres d’achat mettent en avant. On peut voir ce que vont apprendre les enfants puisqu’on peut voir ce qu’ils vont faire avec ce matériel !

Il s’agit bien d’une autre vision pédagogique …

L’émancipation ne peut guider le rapport au savoir, le projet scolaire ne peut se réaliser parce que la conduite de l’élève est déterminée par une attente forte, extérieure à la vie , aux besoins et aux intérêt des enfants.

La Méthode Naturelle suppose de laisser place au développement de la pensée de l’élève , que le Tâtonnement expérimental de chaque enfant puisse se déployer naturellement. Cela devient de plus en plus difficile à faire vivre  dans une société qui favorise la compétition et non la coopération, la fragmentation des savoirs et non la vision d’ensemble, une pensée linéaire et successive et non une pensée complexe ouverte , curieuse et inventive.

Les enseignants qui travaillent en pédagogie Freinet ont donc besoin de beaucoup de force, d’énergie et de conviction pour défendre  cette Méthode Naturelle et ce Tâtonnement Expérimental de l’enfant . La force de ce mouvement pédagogique, qui regroupe toujours aujourd’hui des milliers d’enseignants, réside dans l’engagement et la formation de ces enseignants qui réfléchissent et travaillent ensemble bénévolement dans des groupes de travail sur leur temps libre….

Voir : les liens de tous les articles de la Rubrique Pédagogie

La  pédagogie Freinet se construit dans l’échange de points de vue , par la parole,  dans l’échange et la coopération ….

J’en profite pour vous rappeler la parution de deux pages qui vous présentent un tableau récapitulatif de tous les articles du blog, rangés par rubriques, afin de vous donner une vision d’ensemble de ce qui est paru dans ce blog.

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2 commentaires sur “La Pédagogie Freinet et la Méthode Naturelle

  1. bonjour c’est vrai pas toujours évident de pratiquer la PF avec toutes les demandes et pressions des directions et inspections….je travaille dans un milieu où les enfants ne sont pas stimulés à la maison et je me demande parfois si je ne devrais pas plus leur montrer comment « jouer » car leurs tâtonnements sont très limités

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    • Merci de ce commentaire qui rejoint une de mes préoccupations d’aujourd’hui.
      C’est vrai que certains enfants ne savent plus jouer avec des objets symboliques parce que leur vie tourne autour des écrans de toutes sortes et donc d’une image de …sur laquelle ils ne peuvent pas agir vraiment.
      Cela change leur développement de pensée qui n’est plus ancrée dans le réel et le sensible.
      Je ne sais pas ce que cette nouvelle donne va leur permettre de construire.
      Nous n’avons pas encore assez de recul pour permettre une analyse.
      Il me semble cependant que les frontières entre réel, virtuel, imaginaire, deviennent poreuses et que cela peut, pour certains enfants, conduire à ne plus faire la distinction entre ce qui est possible ou non, dangereux ou pas .
      C’est aussi parce que je trouve qu’ils ne sont plus assez en contact avec des relations concrètes que j’ai favorisé dans ma classe les situations de marchande.
      Bonne chance pour la suite
      Françoise

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