Préparer une réunion de parents en maternelle

Dans cet article vous trouverez des mots clés et des axes importants pour essayer d’apporter  à l’enseignant confiance et solidité. Cela pourrait l’aider à rassurer les parents des élèves de maternelle…

L’organisation de la réunion est abordée sous plusieurs angles et son  déroulement et ses objectifs sont présentés de façon à ce que chaque enseignant puisse situer la situation particulière qui est la sienne.

Je présente ensuite un tableau cherche à situer des axes importants de façon synthétique.

Je termine un texte que j’avais écrit pour préparer une réunion de classe de MS-GS.

Une réunion qui se prépare

Trois axes clés pour rassurer les parents sur le  » travail »  dans la classe.

1- Le respect du « programme ».

2- Le respect de l’enfant et de son développement .

3- L’autorité de l’enseignant.

L’organisation de la réunion

Il est préférable d’accueillir  les parents dans la classe. On peut avoir disposé sur les tables des assiettes de petits biscuits et des verres de jus de fruit… J’ai toujours pensé que l’aspect convivial avait son importance et, eu égard à l’heure de la réunion, certains parents peuvent apprécier un petit goûter .

Les parents sont invités à regarder la classe puis à s’assoir sur les chaises des enfants ou sur les bancs du coin regroupement. cela leur permet d’apprécier la difficulté de se situer à cette hauteur toute la journée…

Les outils de la classe peuvent être disposés sur les tables : cahiers, classeurs  des élèves, cahier de vie de la classe etc… On peut imaginer de laisser un temps aux parents pour regarder ces supports avant de commencer à prendre la parole.

Ou pas … Parce que certains parents peuvent se focaliser sur les cahiers de leurs enfants et être envahis par ce qu’ils ressentent devant cette lecture. Les outils peuvent alors être présentés au fur et à mesure de ce qui est dit par l’enseignant. Celui-ci aura pris la précaution de rassembler près de lui ce qu’il veut montrer de façon à ne pas avoir à chercher partout au dernier moment…

L’organisation dépend de ce que chaque enseignant ressent.Il choisira la situation dans laquelle il se sent le plus à l’aise.

La présentation de la réunion

L’enseignant est un professionnel. Pour rassurer les parents, il montre comment il organise son travail. Cette maitrise de la conduite de son action convaincra les parents beaucoup plus que tous les discours qu’il peut tenir.

Il y a donc nécessité d’avoir préparé ce qui va être dit et de le dire de façon calme, posée et maitrisée. Si besoin, on peut demander la présence d’ une collègue ou de la directrice  pour montrer qu’il y a un travail d’équipe.

On peut aussi imaginer une première partie de réunion de toute l’équipe pour placer le contexte et le travail d’équipe et continuer ensuite par des réunions de classes. Tout est possible , suivant le contexte et les besoins.

On indiquera le temps imparti pour éviter les réunions à rallonge .

On peut imaginer, dans certains cas difficiles…, d’avoir écrit au tableau les axes importants de ce qui va être présenté.

Un emploi du temps de la semaine sera présenté à l’oral, au tableau ou même sur papier , suivant les choix de l’enseignant. Cet emploi du temps permet de voir comment les journées sont organisées et sur quelles bases.

Il peut être déroulé de façon précise ou plus générale suivant le choix de l’enseignant qui n’est pas là pour justifier son travail mais pour le présenter. L’important est de savoir que ce temps a été réfléchi et qu’il a été organisé en fonction du Programme et du niveau d’âge des élèves.

Un tableau des notions principales à traiter peut être présenté. ( voir dans la rubrique Affiche: Des notions principales en maternelle ) .

Une référence qui situe le développement de l’enfant peut aussi être présentée. ( Voir dans la rubrique Affiche: le développement de la pensée en PS ou MS, ou GS. )

Quel que soit le niveau de classe, il peut être intéressant de présenter le développement sur plusieurs niveaux parce que cela montre aux parents des possibilité et des limites de ce développement . Des parents ont tendance à s’appuyer sur des références qui ne prennent en compte que les domaines . Montrer que le développement de l’enfant ne donne pas accès  à certaines possibilités à tout âge permet de partir de l’enfant et de rappeler que toutes les pommes ne tombent pas ensemble, le même jour, du même pommier….

Le discours de l’enseignant

Quand l’enseignant prend la parole , il se présente , indique éventuellement qu’il a déjà travaillé dans ce niveau de classe , même en stage ça compte … et remercie les parents d’être présents. Il présente aussi l’ATSEM qu’il a invitée, si elle est présente, et indique qu’elle occupe une place important dans la vie de la classe et qu’elle est associée aux objectifs de l’enseignant  .

L’accueil dans la  classe et la sortie seront abordés et leur organisation et objectifs précisés. Les projets ou sorties seront évoqués ainsi que la participation des parents si elle est possible .

Il peut situer ensuite dans l’ordre qui lui convient :

Le contexte:

  • Le groupe classe composé d’enfants qui viennent de classes différentes ou non.
  • Le nombre d’élèves plus ou moins important.
  • Le ou les niveaux de classe, ce qui suppose une organisation pédagogique différente. Il est très important de montrer en quoi une classe multi âges peut offrir une richesse à tous les niveaux de classe :

Entraide: nécessité pour les plus grands d’affiner leurs discours, et donc leur pensée, pour aider les plus jeunes; imprégnation pour les plus jeunes de ce qu’ils voient ou entendent des plus grands et qu’ils pourront développer par la suite.

Groupe restreint au niveau des apprentissages et donc plus d’attention apporté sur le moment .

Apprentissages qui prennent plus de sens parce qu’ils sont développés à plusieurs niveaux ce qui permet à chaque élève plus de possibilités d’accès et le respect de son rythme.

Nécessité d’un rapport à l’autre qui prend en compte la différence et cela favorise souvent la construction des règles de vie.

  • Les lieux et espaces qui offrent certaines ressources ou contraintes. La question de la sieste sera abordée. J’ai toujours réussi à organiser une sieste pour tous les élèves , y compris en grande section…Le sommeil est un élément de développement fondamental mais je sais qu’il n’est pas toujours facile de convaincre les parents, les collègues et d’avoir des conditions qui permettent le repos.
  • L’équipe, les collègues,  qui elles aussi peuvent offrir des ressources ou des contraintes qui ne doivent pas nécessairement être exprimées à ce moment là…

L’organisation pédagogique de la classe

Cela peut être fait à partir de l’emploi du temps . Cela permet de situer :

Les situations choisies et leurs objectifs.

Le travail en petit groupe avec l’enseignant et l’ATSEM et leurs objectifs.

Les temps libres et les coins jeux et leurs objectifs.

L’occupation et l’aménagement des espaces dans l’école et dans la classe.

La présentation des outils utilisés

Les cahiers ou classeurs des enfants qui permettront de donner place à …

Les outils collectifs: cahier de vie de la classe, journal scolaire, correspondance. Et éventuellement ceux de l’année précédente.

Le coin bibliothèque: les livres choisis , présentés, lus en collectif, prêtés…

Le coin maths, bricolage, constructions, puzzles, jeux de société : qui permet de donner places aux différentes notions en maths .

Le coin expériences qui offre des possibilités de relier des causes et des effets…

Le coin maitrise du geste avec les outils et supports qui permettent d’explorer et de commencer à construire des intentions et des trajectoires .

Les coins jeux qui permettent de construire des discours , de prendre en compte l’autre et sa différence de comportement ou de point de vue etc…

La présentation de tous ces support ou de cette organisation de l’espace ne doit pas être trop longue . Elle permet de montrer que tout a été pensé et que les objectifs de l’enseignant sont clairs et en lien avec le  » Programme ».

Et c’est donc souvent le sujet que l’on aborde ensuite…

Le Programme  !

Incontournable mais zen…

Vous pouvez vous appuyer sur le tableau des données principales en maternelle ou sur les IO mais c’est moins imagé et plus fragmenté.

Là encore pas trop et pas trop long. De toute façon s’il y a des manques , il y aura ensuite des questions .

La posture de l’enseignant : autorité, évaluation…

J’ai toujours revendiqué de pratiquer la pédagogie Freinet. Je comprends tout à fait qu’on puisse ne pas le faire parce qu’on ne se sent pas prêt à assumer cette différence, en particulier quand on débute.

En maternelle, j’ai situé plus précisément un autre rapport aux autres et donc la construction des règles ensemble ,au rythme des problèmes rencontrés, en précisant que j’étais garante de la sécurité et du possible et que certaines choses relevant de la sécurité étaient non négociables: sortir de l’école tout seul …

J’ai situé surtout un autre rapport à l’apprentissage ! Partir de la curiosité des enfants, de leurs intérêts mais pas nécessairement  sur la base de leur expression au niveau de leur vie privée… J’ai privilégié et dit que l’important , de mon point de vue, c’était de construire une culture commune et une entrée dans la connaissance du monde .

J’ai aussi situé un rapport au savoir qui se construit dans le temps , au rythme du développement de la pensée de l’enfant. J’ai toujours pris le temps de rappeler que se tromper c’est apprendre …

Et du coup c’est aussi sur ces bases que j’ai situé l’évaluation :

  • Des constats que j’observe et que je coche chaque jour  sur des grilles qui situent les connaissances , les savoir faire et les compétences .
  • Des prises de notes de ce qui est dit par chacun pour expliquer ce qu’il a fait; ce qui me permettait de savoir ce qu’il avait vraiment compris.
  • Des photos ou traces de l’enfant qui donnaient à voir ce qui avait été réalisé.
  • Et à la fin de l’année, y compris en grande section, un texte qui récapitulait tout ce que l’enfant savait et avait compris. Je remplissais aussi le même livret que les collègues , très rapidement…, et j’ajoutais ce texte qui renseignait les parents de façon beaucoup plus personnelle et plus précise. Ce sera le sujet de futurs articles…

Quand on arrive à voir les parents le matin ou le soir et qu’on glisse un petit mot sur les progrès de chacun, les parents sont sécurisés et ils ne demandent pas de rendez-vous dans l’année. Il est donc important que cette liaison orale soit réalisée en faisant attention de parle à chaque famille au moins une fois par période. Cela fait partie de l’évaluation…

Il est indiqué que des rendez-vous sont organisés si besoin pour faire le point dans l’année.

La Petite section: un cas particulier

Il est fondamental de rappeler les règles de remise aux parents en PS et de leur montrer que l’enfant de PS , qui n’a pas été scolarisé, vit une transformation de toutes ses références.  Cet enfant avait l’habitude d’aller où il voulait quand il le souhaitait dans un environnement connu.Il lui est difficile de  changer ses habitudes et de vivre avec autant d’enfants dans un seul espace avec des adultes qu’il ne connaissait pas.

Cela lui demande beaucoup d’attention et d’énergie. Il est donc fondamental de lui faire vivre une année de petite section qui le sécurise et lui donne envie de continuer plutôt que de le contraindre à faire des activités qui sont pour lui vides de sens et qui ne lui apporteraient rien.

Seuls des apprentissages consentis peuvent être porteurs d’avenir en PS.

Les apprentissages en PS sont donc à construire sur ces bases et passent essentiellement  par le jeu et la négociation. (Voir les articles sur la PS de maternelle)

La gestion du temps et la clôture de la réunion

Il est important de savoir clore…

Et donc d’avoir anticipé le temps imparti pour parler de chaque chose. Pas trop, pas tout. Mieux vaut en dire moins mais être au clair. C’est à ça que sert la préparation.

Et il faut bien sur prévoir le temps des questions….

Si vous avez été clair et pas trop long , les questions porteront surement sur : Mon enfant, il…. Il suffira donc de rassurer sur ce que l’enfant sait déjà et sur tout le temps qu’il y a pour voir le reste.

Si vous êtes trop long ou pas clair , vous allez surement le constater sur les visages de vos interlocuteurs.  Alors regardez la pendule et les personnes qui sont là, et faites plus court.

N’oubliez pas que le sourire est  primordial aussi bien pour la convivialité que pour rassurer et forger la conviction que vous maitrisez votre sujet.

Un enfant n’a pas besoin de beaucoup de temps pour apprendre quand il est prêt à comprendre.

Aller trop vite ou faire trop tôt le place en position d’inquiétude et de difficulté. Un enfant sous pression est gêné pour apprendre.

Un enfant devient élève quand il a compris que l’école permet d’apprendre et non pas seulement de travailler…Il devient alors quelqu’un qui cherche et pas seulement quelqu’un qui attend qu’on lui dise ce qu’il doit faire.

Dans tous les autres pays on apprend à lire et compter à 7 ans …et il souvent n’y a pas de maternelle !

Un exemple de préparation pour une classe de MS-GS

Voici un texte que j’avais écrit pour préparer une réunion de parents de MS- GS. Cela relève d’un contexte donné et de mon point de vue à un moment donné. C’est donc un exemple et non un document qui relève de la certitude ou du modèle !

Des mots essentiels pour accompagner le développent des enfants de maternelle :

écouter, observer, aider, « nourrir », pas de pression …

Organisation  pédagogique:

Ateliers dirigés pour « nourrir »  en petits groupes sur des apprentissages précis et pour échanger avec les autres.

Ateliers d’entrainement pour que du temps soit possible qui permet à l’enfant de s’approprier les choses et de les développer à son rythme.

Du temps libre pour que l’enfant puisse évoluer là où il en éprouve le besoin parce qu’il veut essayer quelque chose, ou qu’il a besoin de construire une estime de lui même sur le sujet. Ces temps libres ne sont pas des temps vides d’apprentissage mais des temps d’apprentissages explorés ou confortés par l’enfant, selon ses besoins. Ils lui permettent de se forger des images mentales à partir des expériences qu’il mène.

Des temps collectifs pour souder le groupe ( chants, histoires),  , pour faire vivre la vie de la classe ( les présents, ce qui est prévu pour la journée) les projets collectifs ( réaliser un panneau, un compte-rendu), pour apprendre à écouter celui qui parle ( présentations de …) et construire une culture commune qui rassemble sur des connaissances et des valeurs.

Des temps individuels qui permettent qu’un élève soit entendu ou accompagné à son rythme : (ordi, raconter une histoire, présenter une construction, un collier)

– Chaque jour un atelier avec l’enseignant dans un domaine fondamental et un atelier avec l’ATSEM dans des activités dont les objectifs sont réfléchis par l’enseignant..

Rôle de l’enseignant :

«  Nourrir » : apporter toutes les indications, tous les liens, toutes les informations qui vont permettre à l’enfant d’entendre, de mettre en relation puis au fur et à mesure de mémoriser et de comprendre.

Cela veut dire que l’enseignant utilise un langage particulier et précis qu’il a réfléchi en fonction des objectifs particuliers qu’il travaille à chaque séance.

Classes à plusieurs niveaux : les plus jeunes entendent et voient faire et donc bénéficient du contexte et de la motivation des plus grands.

Les plus grands voient aussi ce que font les plus jeunes et peuvent du coup apprécier la différence, se rendre compte qu’ils en sont plus loin ; ils peuvent y réfléchir et aussi aider les plus jeunes ; ce qui les place en position de recul, d’attente et de construction d’une  parole explicative et les aide à construire un « point de vue ».

Les GS font des activités différentes des MS  ( entrée dans le code au niveau de la lecture, jeux de société différents, écriture), ou des activités qui peuvent sembler identiques mais  avec des objectifs plus complexes : constructions, colliers, arts graphiques.

Une progression :

En première période : faire respecter les règles de vie de la classe et donner du sens aux activités.

En dernière période : réaliser les compléments et les évaluations dans tous les domaines .

Au fur et à mesure de l’année, les activités proposées vont faire évoluer  de plus en plus des apprentissages précis ; elles vont  donner envie aux enfants de chercher et s’entrainer par eux-mêmes. Chaque période verra l’utilisation de nouveaux matériels, de nouvelles situations et la mise en place d’objectifs différents.

Les MS seront dans l’observation et la compréhension de tout ce qui se passe en respectant les autres. Ils vont apprendre à maitriser leurs gestes, à prendre place dans un groupe pour écouter et attendre leur tour ; ils vont apprendre à regarder autre chose que ce qu’ils font et ils vont commencer à exercer des capacités de raisonnement : observations, comparaisons, et début d’explication. Le nombre va devenir important et ils seront fiers de commencer à jouer aux cartes et de montrer qu’ils savent trouver ce qui manque.

Ils sauront raconter une histoire en donnant, à chaque page qu’ils tournent, une ou plusieurs phrases en liaison avec l’image, en oubliant parfois la cohérence du récit . Ils auront appris à colorier , à faire des formes qu’ils auront définies et aussi à reconnaitre leur prénom et même celui des copains parce que « Y a une lettre comme ça ! » ou  » Y a un P comme mon nom » ».

Les GS seront  dans la recherche des pourquoi et des comment dans tous les domaines ; dans l’envie de chercher à trouver du sens dans les écrits qu’ils voient, et dans ce qu’ils écoutent .

En fin d’année, les GS devraient connaitre le nom d’une bonne partie des lettres de l’alphabet, écrire sur l’ordinateur une phrase de leur choix avec des mots qu’ils connaissent , certains sans avoir besoin d’aide pour faire la correspondance entre les majuscules d’imprimerie et le script, en respectant les espaces entre les mots . Certains devraient pouvoir commencer à identifier le début d’un mot inconnu en se basant sur ce qu’ils connaissent. Certains devraient pouvoir montrer du doigt chaque mot d’un titre d’album en prononçant les mots un à un et en justifiant ce qu’ils disent à partir de leurs connaissances : syllabes ou lettres déjà vues. Ils auront mémorisé certains mots : les jours de la semaine, les couleurs, et quelques mots clés utilisés dans les albums ou projets.

Ils sauront calculer avec des nombres inférieurs à 10 et certains  sauront situer les nombres de 1 à 10 dans l’ordre croissant et décroissant en le justifiant. Ils auront mémorisé les mots nombres de la suite numérique pour certains jusqu’à 30 et certains auront compris le sens de la numération de position : 23 c’est 20 et encore 3 parce qu’on utilise tous les jours le calendrier et qu’on calcule ensemble tous les jours le nombre de présents et d’absents dans chaque groupe en les reliant au nombre total d’enfants . Certains sauront que le 2 qui est devant ne veut pas dire qu’il y en a 2  mais qu’il y a 2 paquets de 10 parce que 20 c’est 10 et encore 10.

Ils auront envie d’écrire et la plupart d’entr’eux pourront recopier une phrase entre deux lignes sans erreur. Ils seront prêts pour le CP ….

L’objectif étant de faire que le mot Certains , recouvre le plus grand nombre possible d’élèves…

Les domaines :

La construction du nombre :

Ce n’est pas parce qu’un enfant répète des mots nombres les uns derrière les autres qu’il sait compter… et parfois même cela risque de le gêner pour comprendre ce qu’est un nombre

MS : jusqu’à 5  –  L’essentiel : Travailler l’idée qu’un nombre est visible sous la forme d’une quantité qui reste permanente.

– quels que soient les éléments et leurs propriétés

–  et quelles que soient les décompositions opérées sur cette quantité:

4 voitures, mêmes si elles n’ont pas toutes la même taille, couleur, forme

4 voitures : 1 et 1 et 1 et 1 mais aussi 3 et 1 ou 2 et  2

Et donc beaucoup de manipulations et d’échanges pour comparer : il y en a plus, moins, il y en a 3 , il y a 4 voitures mais seulement deux bleues.

Et des activités pour construire un nombre dans toutes ses décompositions : il y en avait 3 et il en manque 1.

L’enfant de MS  peut se situer dans 2 temps qu’il relie : présent, passé- passé-composé/imparfait – présent/futur ; c’est ce qui lui permet d’associer, de comparer, de comprendre : avant/après.

GS : jusqu’à 10 – L’essentiel : travailler la construction des images mentales  c’est-à-dire la représentation que l’enfant se fait du nombre dans la tête, sur la base du fait que les nombres sont reliés entr’eux.

Situer l’ordre de la suite numérique sur la relation : +1, -1

Quand l’enfant a construit la permanence de la quantité d’un nombre, il construit une image mentale de cette quantité permanente.

Il mémorise cette quantité comme un tout dont il peut se servir : 5 + 2 ; il y en a 7.

Il n’a plus besoin de voir les éléments réels ; il peut procéder à un calcul c’est-à-dire une opération mentale liée au fait que l’image mentale de la quantité absente est construite. Il va donc commencer à situer le nombre et pas seulement le nombre de…

Il commence maintenant à se situer dans des aller-retour de la pensée et dans trois temps .

Il va alors utiliser le plus que parfait. La notion d’ordre peut permettre alors de situer le pourquoi de la suite numérique :  7 = 6 + 1 mais aussi 8 – 1.Il s’agit du même nombre.

C’est parce que chacun des nombres possède un élément de plus que celui qui le précède et un de moins que celui qu’il suit  qu’il a cette place dans la suite numérique et qu’il y est rangé de cette façon.

L’enfant commence alors à situer les nombres dans l’ordre jusqu’à 30 ….

L’enfant de GS ne peut généralement pas construire une image mentale de plus de 5 éléments dans sa mémoire immédiate. Cela représente déjà une quantité importante puisqu’un adulte ne peut intégrer que 7 à 9 éléments . C’est donc sur la base de 1 à  5 éléments que les décompositions  et les mises en relation peuvent s’opérer avec le plus de succès en GS .

L’entrée dans l’écrit

Ce n’est pas parce qu’un enfant connait le nom des lettres de l’alphabet ou qu’il reconnait des lettres, des syllabes ou des mots qu’il apprend à  lire…

MS : L’essentiel : Compréhension et richesse de la langue

  • la compréhension : lire c’est comprendre un message écrit par quelqu’un d’autre.
  • la construction de la langue : le langage oral utilise des formes complexes qui ne se retrouvent pas toujours sous la même forme à l’écrit.

En MS et GS on lit des histoires, des documentaires et on varie les supports, les registres ; on explique les rapports entre les évènements, les sentiments , les intentions, le point de vue de l’auteur pour que l’enfant entende toute la variété et la richesse du langage et qu’il  comprenne, à son niveau, que tout ne signifie pas toujours la même chose pour tout le monde….

En MS les signes ne sont encore que des formes ou des dessins. La notion de lettre n’est pas encore perçue comme celle de signe, c’est-à-dire comme un élément d’un code , comme une unité d’un système complexe organisé par le principe alphabétique.

L’enfant de MS peut reconnaitre la forme d’une lettre, l’identifier dans un mot, chercher à la reproduire mais elle ne prendra le sens d’un signe que quand il comprendra le principe de l’association des lettres en syllabes et en mots. Cela commence  en GS et se réalise vraiment en CP . En MS l’enfant ne possède pas les outils de raisonnement nécessaires.

Il fait des associations sur du visible, sur ce qu’il connait ; il relie par 2 ; il ne peut pas encore se décentrer  et opérer une déduction. Il peut nommer une lettre et la mettre en relation visuelle, en correspondance terme à terme avec une autre lettre ou un mot ou prénom. Il ne possède pas encore la notion de la nécessité de la place d’une lettre.

GS : L’essentiel : Compréhension et richesse de la langue ;

entrée dans le code : liens entre l’oral et l’écrit

 L’essentiel pour faire entrer l’enfant de  GS dans l’apprentissage de la lecture :  on commence à faire comprendre à l’enfant que la segmentation de l’oral n’est pas celle de l’écrit. Le MOT va prendre place comme unité de référence.

En GS l’enfant ne possède pas encore la capacité de combiner des unités : lettres, syllabes, mots, en leur accordant une valeur particulière et différente suivant leur place ou leur nombre.

Mais il  commence à comprendre qu’il existe un système écrit qui ne fonctionne pas comme celui de l’oral . Il cherche alorsr des indices et des mises en relations à partir de ce qu’il connait de la langue qu’il utilise à l’oral.

Quand on parle, on ne sépare pas les mots . Un enfant qui n’est pas lecteur ne pense pas en mots mais en unités de sens, en images… : le petit cheval bleu galope : une seule image.

L’enfant de GS qui commence à chercher des indices dans le registre de l’écrit va voir petit à petit que le mot se compose de lettres, pas n’importe lesquelles, pas à n’importe quelle place ni dans n’importe quel ordre ; qu’à l’écrit les mots sont séparés par des blancs. Il va mémoriser les lettres et commencer à réaliser des liens entres les syllabes qu’il voit et celles qu’il prononce . Mais il confond souvent les mots et les syllabes quand il cherche à segmenter l’oral.

Il y a donc en GS un grand travail à réaliser pour faire émerger le MOT comme unité particulière qui est à la fois est un élément dans une phrase et un tout qui se compose et décompose  lui-même en éléments : les syllabes.

Cette valeur particulière du mot, qui change : suivant qu’on le décompose  quand il est tout seul,

ou qu’on le prenne comme un élément quand il est dans une suite : le titre d’un livre.

Cette valeur qui change, représente une bascule dans la pensée de l’enfant.

Elle lui permet de comprendre  qu’un même élément peut prendre une valeur différente suivant sa place dans un système. Ce sera la même bascule qui sera réalisée dans la compréhension de la numération de position  . Le chiffre 1 change de valeur suivant la place qu’il occupe.Il ne signifiera plus la valeur : 1 seul élément, mais celle d’une dizaine .

Cette bascule de la pensée qui permet d’accorder une valeur différente à des éléments qui jusque là étaient considérés comme ayant une valeur permanente, demande de pouvoir se décentrer et de construire un point de vue différent de la connaissance que l’on avait utilisée précédemment comme toujours identique. Cela représente une vraie marche à franchir dans le processus de développement de la pensée. Cela ne peut s’imposer….

La motricité :

Elle permet de connaitre et comprendre l’espace dans lequel on se situe et d’apprendre à en tenir compte, à y trouver et placer des limites. L’enfant va petit à petit apprendre la maitrise de ses gestes et adapter ses mouvements aux contraintes liées à la dimension, à la proximité , à la  précision.

Chaque contour, chaque limite est à explorer, de grande taille ou de petite taille.

Chaque matière suppose des possibilités et des contraintes auxquelles il va devoir s’affronter et s’adapter .

Dans la salle de jeux : 4 domaines

Lundi : les déplacements : de tous ordres , en faisant varier la nature, la vitesse, les obstacles et le fait de le faire seul, ou à plusieurs.

Mardi : le matériel : l’exploration de toutes les possibilités et contraintes de chaque objet : ballon, balle, anneaux, cerceaux, sacs de sable, quilles, foulards, etc…là encore seul ou à plusieurs.

Jeudi : s’organiser ; vivre un parcours dont l’organisation matérielle par les enfants suppose l’adaptation des déplacements , de la vitesse et des gestes

Vendredi : s’adapter et créer en fonction de ce que la musique peut faire ressentir : expression corporelle, rondes, danses . Cela suppose un rapport au temps : respecter le rythme, l’alternance, la répétition etc..

Ou Jeux collectifs : cela suppose un rapport aux règles et aux autres….

 MS: adapter ses mouvements à des contraintes immédiates

GS : Compréhension des contraintes et du coup recherche d’adaptation    

Maitrise du geste graphique

La maitrise du geste se réalise aussi plus finement par la maitrise des outils qui laissent une trace : peinture, coloriage, découpage permettent de construire des trajectoires, de projeter une direction, une orientation qui au départ ne sont pas forcément prévues.

En MS on commence à voir on l’on va même si on ne peut pas toujours décider de ce qu’on va faire , avant…On commence à distinguer vraiment et à nommer des formes différentes dans un coloriage et à ne pas colorier tout de la même couleur. On commence aussi à respecter le contour sur les formes qui ne sont pas trop complexes. On cherche aussi  à reproduire tout seul des formes et à les associer pour représenter quelque chose de particulier.

Le dessin et le coloriage sont à favoriser pour que le geste puisse s’affiner et se préciser : décorations, peintures, découpages de toutes sortes ; collages pour montrer ce qui peut se rejoindre, se superposer, se séparer.L’orientation n’est pas encore construite dans le plan. L’enfant oriente en tenant compte d’un seul paramètre, d’une seule dimension.

MS: distinguer, séparer – adapter ses mouvements à des contraintes immédiates

En GS on fait des projets ; on a des intentions avant de dessiner ; et du coup on précise le tracé. On commence aussi à prendre en compte l’orientation des tracés sur  les supports. L’enfant adapte la taille ou l’orientation de ce qu’il produit. La droite et la gauche prennent de l’importance et commencent à servir de points de repère.

Le changement de plan n’est pas encore vraiment possible. L’enfant se situe toujours dans deux dimensions, celles du plan.

Quand il s’intéresse à l’écrit et prend des repères l’enfant a envie de reproduire des lettres, son prénom, des mots.

C’est le moment de lui montrer qu’un mot écrit se compose des mêmes lettres que celles qu’il voit quand il est écrit dans un livre et que ces lettres sont attachées dans l’écriture. On peut donc prendre sa main et lui énoncer les mouvements nécessaires pour que chaque lettre soit formée et reliée correctement à l’endroit de leur liaison et dans le « bon sens ».

Ecrire trop tôt ou sur la base des lettres majuscules d’imprimerie, c’est prendre le risque de laisser penser à l’enfant que l’écriture se réalise en majuscules d’imprimerie et de construire une référence qui va rester prégnante. .

Cela peut  lui poser des obstacles pour l’apprentissage de la lecture et peut le gêner pour comprendre son statut dans la langue écrite.La majuscule d’imprimerie possède un statut qui lui est propre : nom propre, premier mot d’une phrase, importance particulière accordée à un mot.

L’enfant qui prend l’habitude « d’écrire » en majuscules a plus de mal à mémoriser les lettres de l’alphabet en script parce qu’il a mémorisé le nom des lettres sur la forme de leur écriture en majuscule. Il a du mal à comprendre que le A c’est « a ».

Il perçoit aussi beaucoup plus difficilement la liaison du tracé des lettres qu’il peut reconnaitre plus facilement quand il a mémorisé l’écriture script.

C’est le cerveau qui commande la main. Quand la main est exercée à varier et à préciser toutes sortes de formes parce que l’enfant dessine, colorie et maitrise son geste, il n’a aucun mal à écrire en attaché les lettres qu’il connait et qu’il a mémorisées  pour les avoir beaucoup vues .

Quand il a la maturité nécessaire pour relier cette maitrise de l’écriture à la compréhension de la liaison de ces lettres , c’est-à-dire quand il cherche aussi bien à lire qu’à écrire, l’enfant attache beaucoup d’importance à son geste et il le mémorise beaucoup plus facilement. Il va ainsi raccorder dans sa mémoire le geste, le sens et l’orthographe du mot. L’image mentale du mot sera complète et efficace . C’est le travail du CP qui relie la lecture et l’écriture.

Cela ne peut se construire quand l’enfant prend encore la forme de la lettre pour un dessin, ou pour une lettre qu’il ne relie pas par la pensée à un sens défini. Il y a alors le risque de construire une habitude d’écriture vide de sens et dont la mémorisation sera seulement faite sur la base d’un geste ou d’une forme. Cette habitude qui sera prise peut générer un automatisme qui gênera la réflexion et la prise de référence sur d’autres bases.

MS: pas d’écriture…

sauf si l’enfant le souhaite et dans ce cas on l’accompagne en nommant tous les éléments à prendre en compte.

GS : écriture de certains mots clés dont le sens est précisé , avec l’accompagnement de l’adulte pour produire un geste précis, correct et en énonçant les liens du code

papa : on va écrire pa et encore pa , tout attaché ; pour écrire le premier PA un P puis un A ; pour le P on va commencer par une petite  queue qui monte jusqu’à la limite de la ligne ; puis un trait qui descend tout droit jusqu’à cette ligne ; on reprend ici et on descend comme un petit pont jusqu’en bas de la ligne ; et on remonte jusqu’au milieu de la ligne ; on s’arrête et on reprend ici pour faire le A….etc…

La connaissance du monde

Elle est essentielle. Elle  alimente naturellement et permet de voir et faire varier tous les registres et toutes les catégories et organisations…Elle intéresse les enfants et leur curiosité  permet la mise en mots. Elle  génère la comparaison parce que la nature se transforme et elle fonde un rapport au temps qui se vit , qui se voit et qui donne matière à des activités dans tous les domaines : représentations de toutes sortes, tris , classements, recherche de vocabulaire productions  de compte-rendus, calendriers  etc…

Elle est la plus grande source d’apprentissages dans tous les domaines et elle génère l’utilisation et la construction de la pensée complexe.

Les outils et supports utilisés par les enfants:

Des coins qui regroupent des matériels que l’on utilise à certains moments avec des règles précises d’utilisation (seul ou à plusieurs) et des règles de rangement.

Les  affichages permettent de trouver dans chaque coin le support ou le guide qui alimente et facilite la recherche .

Dans le coin manipulation et constructions : L’enfant qui porte les ballons : un ballon de couleur différente pour montrer qu’à chaque fois il y en a 1 de plus.

Dans le coin BCD : une carte du monde des animaux, un poster qui montre la vie autour dans et sous l’arbre à côté des albums et livres documentaires.

Sur le tableau, un abécédaire qui sert aussi de lexique et qui permet de trouver des mots de référence qui aident à repérer et mémoriser les lettres de l’alphabet et un autre abécédaire qui ne représente que des animaux. Cela favorise la prise d’indices différents et la comparaison.

Les supports qui traduisent les traces des activités des enfants :

MS : le cahier de dessin libre – le classeur de vie – le cahier de traces – le classeur qui regroupe des productions de l’enfant

GS : le cahier : Mes lectures – un petit cahier d’entrainement à l’écriture

le cahier de dessin libre – le classeur de vie – le cahier de traces – le classeur qui regroupe des productions de l’enfant

La construction du langage : objectif premier dans tous les domaines à la maternelle

Ce qui relie tout ce travail  dans la classe, c’est avant tout l’importance qui est apporté à la construction du langage. Cela se traduit par le choix des albums lus, par le choix des activités proposées ; cela se vit dans des moments d’échanges collectifs , dans des petits groupes ou à certains moments par des temps d’écoute de chacun.

Le langage traduit l’évolution de la pensée, la compréhension de la complexité et de la richesse de la langue. Il est donc important d’écouter les enfants et de voir où ils en sont pour leur apporter ce qui leur manque.

C’est pour cela que des prises de notes sont réalisées pour voir l’évolution de leur propos. C’est aussi pour cela que leur propos sont écrits à l’identique ce qui est dit ; cela permet la mémoire et l’évaluation progressive de leurs progrès. Ce n’est en aucun cas une production d’écrit mais la trace, la mémoire de ce qu’ils disent, comme ils le disent.

Ces prises de notes permettront au fur et à mesure de l’année de voir s’ils utilisent ou non, et à bon escient les pronoms , les adjectifs, les prépositions, les adverbes, les différents temps .

Un enfant qui s’exprime en utilisant le plus que parfait, traduit une évolution de sa pensée qui lui permettra de faire des mises en relation sur 3 éléments et non plus seulement des associations de 2 éléments.Il commence à construire des explications qui relient  des causes et des effets dans le temps.

Un enfant qui utilise tout le temps : on doit,  ou : il faut, traduit souvent son angoisse de devoir tout réussir et on pourra l’aider à faire évoluer son rapport à l’erreur.

Un enfant qui a peur de ne pas y arriver ou qui a peur de se tromper, fait difficilement le chemin des hypothèses et des peut-être ; cela peut l’empêcher de chercher et de trouver des solutions . Cela est pourtant indispensable pour apprendre à lire ou à résoudre des problèmes.

Donner confiance, écouter les enfants et leur apporter toutes les informations et toutes les explications possibles , les plus précises et les variées, c’est ce que nous permet le langage sous toutes ses formes.C’est le fil rouge que peut utiliser l’enseignant de maternelle pour ouvrir la développement de la pensée de l’enfant.

La  pédagogie Freinet se construit dans l’échange de points de vue , par la parole,  dans l’échange et la coopération avec une visée émancipatrice basée sur de l’explicite .

Vous trouverez dans la colonne de droite une page qui vous présente un tableau récapitulatif de tous les articles du blog, rangés par rubriques, afin de vous donner une vision d’ensemble de ce qui est paru dans ce blog et une autre page qui vous présente des articles rangés dans les « valises » par niveau de classe sur le côté droit du blog.

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