Le développement de la pensée permet la construction des connaissances si…

Dans cet article je cherche à expliciter l’interaction nécessaire entre les niveaux d’organisation d’une notion, les niveaux de signification possibles de cette notion  et la compréhension personnelle que chacun peut en réaliser, sur la base de ses différences personnelles. Je défends l’idée que cette interaction détermine un rapport à l’apprentissage, différent pour chacun, et que cela entraine des choix et des pratiques différenciées pour chaque enseignant.

Vous trouverez une définition de ces trois niveaux et une déclinaison de ce que leur interaction peut entrainer , ou non, au niveau de la compréhension pour les élèves.

Des conditions favorables pour permettre la compréhension des élèves sont ensuite énoncées et explicitées.

C’est la défense de la liberté pédagogique qui permet de clore cet article sur une note Freinétique…

Cet article a été réalisé en lien avec un travail de réflexion mené dans le groupe ICEM 44 sur le développement de la pensée. Il sera complété par la suite par un article sur la réversibilité de la pensée.

Précisions sur le vocabulaire utilisé dans cet article :

Le terme  « Savoir » représente ici tout ce qui peut être connu. Il permet de généraliser le rapport à l’apprentissage de toute nature.

La « Notion » détermine un sous ensemble précis, utilisé par l’Ecole, qui cible des éléments de Savoir distincts et différenciés.

Le mot « Connaissance » : ce qui est connu,  est utilisé ici pour cibler un Savoir particulier que chacun construit petit à petit à son rythme et à sa façon à partir de ce qu’il est . Il relève de la personne. Chacun construit ses connaissances.

La Construction des connaissances

Trois niveaux de construction des connaissances sont possibles en fonction

  • de l’organisation du savoir qui est plus ou moins élargi et complexe ;
  • du mode d’accès à la signification d’une notion qui détermine chez la personne qui apprend une prise de conscience à un niveau donné ;
  • de la capacité de compréhension de la personne qui possède ou non  la faculté de relier les éléments en fonction de son mode de raisonnement et de ses connaissances déjà construites dans ce domaine.

Il y a donc interaction de plusieurs niveaux de construction pour que la connaissance, perçue dans un premier temps comme un élément fragmenté, devienne chez la personne une notion comprise dans sa totalité et sa complexité.

Les codes sociaux représentent des catégories de connaissance particulières parce qu’ils sont composé de signes dont la signification est consensuelle socialement. Les éléments qui les composent et les mises en relation qui les réunissent sont les mêmes pour tous et doivent être mémorisés et admis comme tels. Leur utilisation ne relève pas d’une construction personnelle mais de la perception de leur distinction et de leur association en fonction de règles normatives.La difficulté à les mettre en œuvre provient non pas de leur compréhension en tant que signes à connaitre et à associer mais de la compréhension de la signification qu’ils permettent d’organiser.

I – Trois niveaux d’organisation du Savoir

1 – Le savoir est composé d’un élément qui se distingue par des propriétés particulières.

2 – Le savoir est composé de plusieurs éléments qui sont mis en relation sur la base d’une ou plusieurs de leurs propriétés ou sur la base d’un critère déterminé.

3 – Le Savoir est une notion distincte, un Tout composé d’éléments qui sont mis en relation de façon spécifique, un système organisé avec  un sens qui lui est propre.

II – Trois niveaux de signification

Notre cerveau s’enrichit chaque jour de tout ce que nous rencontrons. Des perceptions sensorielles nous traversent sans cesse et notre cerveau sélectionne et retient celles qui lui conviennent pour diverses raisons.

Au niveau 1, c’est sur le mode de l’information que ces perceptions sont enregistrées Ces perceptions peuvent en rester à ce stade  et dans ce cas, elles disparaitront rapidement de notre mémoire. Elles peuvent être aussi mises en relation avec d’autres perceptions ou d’autres connaissances qu’elles vont compléter ou transformer . Elles seront alors mises en mémoire comme un élément faisant partie d’une autre notion.

Au niveau 2, cette information va  devenir un objet de connaissance partielle parce que la personne va chercher en conscience à le questionner. Des mises en relation seront  réalisées explicitement et permettront, souvent sur le mode de la comparaison, la construction d’une connaissance élargie. Elle sera mise en mémoire en relation avec d’autres connaissances.

Au niveau 3, cette connaissance devient une notion comprise dans un ensemble, intégrée dans le système de référence de la personne. Il y a eu mobilisation de la pensée consciente qui s’est questionnée sur des connaissances nouvelles ou anciennes. Il s’agit d’une analyse volontaire basée sur une intention précise. La personne a pris en compte des éléments et des mises en relation et a cherché à comprendre ou à construire la structure, l’organisation de la notion. Elle est alors mise en mémoire comme un tout complexe en lien avec d’autres notions.

III – Trois niveaux de compréhension

Les niveaux de compréhension ne parlent pas du savoir comme les niveau de construction ou de signification mais de la relation que la personne entretient avec ce savoir. Chaque personne est différente…

Trois niveaux de compréhension sont présents lors de la construction d’une notion : la perception des éléments, les mises en relation entre les éléments et la compréhension du Tout comme un système organisé. Ces trois niveaux ouvrent des portes d’accès différentes pour les élèves. Chaque notion, chaque mot, peut se situer dans un de ces niveaux de compréhension à partir des références que chacun construit sur cette notion.

Quand on situe la notion au niveau de la perception des éléments, on engrange une série d’informations qui vont peu à peu permettre de distinguer la notion et de construire une représentation qui va s’étoffer. La notion sera perçue au niveau de propriétés qui vont lui donner une qualité particulière. Ce sont souvent les qualités d’organisation premières qui permettront sa distinction : couleur, forme, taille, position. La notion reste alors extérieure à la compréhension mais elle est distinguée par la personne qui prend en compte une des propriétés qui la composent. La notion fait partie de ce qui est reconnu par sa propriété.

Quand on se situe au niveau des mises en relation, on peut comparer cette notion et la mettre en relation sur la base des éléments connus. Cela permet souvent de construire des catégories. Cette notion commence à se construire comme élément d’un réseau plus large. Les propriétés permettent des mises en relation avec d’autres éléments qui sont alors distingués volontairement, choisis pour justifier la mise en relation. La pensée est en action. Elle s’appuie sur la perception pour organiser une connaissance qui appartient à la personne qui réalise ces mises en relation. La notion est alors en cours de construction mais reste fragmentée et reliée de façon partielle à d’autres éléments ou notions en fonction des connaissances particulières de la personne. La notion fait partie de ce qui est reconnu à partir de la mise en relation. Elle peut être citée comme exemple.

Au troisième niveau de compréhension la notion est située dans sa complexité comme un Tout. Elle est perçue comme une structure organisée, un système, et elle peut devenir une notion qui prend sens dans une autre  dimension. Cette notion peut  devenir à son tour un élément, qui sera complexe, et qui fera partie d’une notion plus élargie. Elle est maintenant structurée par des mises en relations précises qui appartiennent à la personne. Ce choix d’organisation de la notion détermine en quoi et comment elle sera mise en relation avec d’autres notions. La notion devient pour la personne une référence d’accès ou d’explicitation. Sa validité est construite par la personne en fonction des critères qu’elle choisit pour la construire. Elle fait donc partie intégrante su système de pensée de la personne.

Ces différents niveaux de compréhension se construiront aussi bien dans le concret que dans l’abstrait, suivant les possibilités d’accès des personnes dans le domaine précis où se situe la notion. Une graine peut être perçue comme une forme, un objet, l’élément qui permet à la plante de pousser, une étape de la reproduction, un élément du système végétal, une condition de reproduction pour certains végétaux etc… Chaque niveau de compréhension permet de construire une représentation fugace ou une image mentale de référence qui va évoluer en fonction des apports sur le sujet et du passage d’un niveau à un autre.  La référence qui se construit sera mémorisée et rappelée en mémoire au niveau de compréhension dans lequel elle se situe à un moment donné. Elle sera située et rappelée en mémoire comme une catégorie de référence quand elle aura été prise en conscience et sera explicite dans la pensée de la personne qui la présentera alors comme une conviction ou comme une certitude.

Tout cela demande que la pensée soit en mouvement et qu’elle puisse dérouler sereinement une activité mentale qui va petit à petit permettre d’accéder à tous les niveaux de compréhension. Cela demande du temps et une transformation de l’état cognitif de la personne qui l’accepte plus ou moins facilement.

                

Le confort de l’équilibre cognitif

Accéder au niveau de l’analyse c’est pouvoir prendre de la distance, du recul avec ce qu’on sait déjà. C’est reconsidérer les éléments ou les mises en relation connus ; c’est leur accorder une autre importance. Cela demande des choix, de l’esprit critique, la prise en compte d’un nouveau contexte.  C’est prendre du temps pour construire un point de vue différent. Cela demande une transformation de l’état cognitif de la personne qui l’accepte plus ou moins facilement. Changer de niveau de compréhension suppose de changer de  représentation de ce qu’on croit connaitre. Cela demande de vivre un inconfort et de reconstruire un équilibre cognitif. Cela peut insécuriser la personne qui reste alors ancrée dans ses croyances.

Il n’y a pas de hiérarchie entre ces trois niveaux.

Nous traversons ces trois états de pensée chaque jour. Nous sommes sans arrêt soumis à des états perceptifs dans tous les lieux et temps que nous vivons. Nos émotions et nos ressentis vont accorder plus d’attention à certaines informations en fonction de nos envies ou de nos besoins. Nous développerons des mises en relation sur ce qui nous interpelle ou nous intéresse. Nous serons dans l’analyse quand nous ressentirons le besoin de la compréhension fine  et explicite de quelque chose de complexe. Il n’y a pas d’étapes programmées mais  des états de pensée que nous traversons tous quand nous rencontrons la nouveauté. Chaque élément nouveau sera raccordé au niveau de signification que nous possédons déjà sur le sujet .Chacun construit son rapport à chaque notion en fonction de ce qu’il est, de son vécu, des accès qui lui ont été proposés ou qu’il a découverts. Chaque cerveau est différent parce qu’il se développe en fonction de ce qu’il rencontre.Notre cerveau se construit et se transforme sans cesse.

L’affiche qui vous est présentée ci-dessous cherche à synthétiser un

rapport au savoir qui se décline sur trois niveaux.

Des niveaux de signification suivant l’âge des enfants

Ces deux affiches vous présentent des mots qui recouvrent des notions et des niveaux de signification différents suivant les niveaux du développement de la pensée des enfants et les accès proposés aux élèves .

Ces deux exemples définissent, à partir de l’écoute d’un mot, ce qui peut être possible comme niveaux de signification mais qui dépendra de ce que chacun pourra comprendre. La capacité de prendre en compte le concret et de le relier par des relations abstraites à d’autres informations, concrètes ou abstraites, changera l’accès et le niveau de compréhension de chacun.

L’enseignant peut se référer à ces possibles pour favoriser la prise d’information ou des mises en relation qui font sens pour l’enfant .

Ces tableaux ne sont pas exhaustifs et peuvent être complétés suivant les mots et les situations proposées aux élèves. Ils servent de repères et d’indicateurs pour construire d’autres analyses de notions.

Ils reprennent des mots clés utilisés pour situer le développement de la pensée dans ce blog: nature, fonction, valeur.

Voir les liens vers les articles sur le développement de la pensée

L’enseignant est un adulte qui a construit des

évidences qu’il doit déconstruire

Communiquer suppose de prendre en compte la différence de l’autre qui perçoit, met en relation ou organise différemment ou sur d’autres bases. Les adultes et les enseignants ont construit des évidences qui ne leur permettent  pas toujours de comprendre que l’enfant a besoin de parcourir son chemin à lui pour accéder aux différents niveaux de compréhension. L’élève n’est pas une boite qu’on remplit…

L’enseignant doit procéder à un travail d’analyse et de déconstruction sur ce qu’il est et sur ce qu’il sait pour prendre en conscience les différents états de pensée de l’enfant et les niveaux de construction des connaissances. Ce travail est indispensable pour pouvoir prendre du recul et proposer des situations et conditions qui permettront le développement de la pensée des enfants et leur entrée positive et constructive dans l’accès aux différentes notions que l’école veut enseigner.

       

L’adulte oublie que son évidence n’est pas forcément juste ou la seule

possible.

Enoncer à l’enfant les éléments ou les mises en relation permettra à cet enfant de les distinguer, d’en être informé. Cela restera extérieur à la pensée de l’enfant tant qu’il n’aura pas lui-même fait des mises en relation pour les situer précisément par lui- même. L’enseignant doit accepter de rester celui qui connait , au niveau 3 mais qui informe, au niveau 1, pour que l’enfant réalise en conscience ses mises en relation à lui. On peut énoncer des possibles, nourrir l’enfant de ce qu’il ne connait pas, qu’il entrevoit mais ne sait pas comment l’atteindre. On ne peut pas décider de la compréhension de quelqu’un. On peut discuter de ce qui la construit, de ce qui l’organise mais chaque personne construit elle- même son rapport à la connaissance.

Pour aider l’élève, l’enseignant doit déconstruire ses savoirs propres en éléments simples et accessibles et prendre conscience de toutes les mises en relation possibles. Il doit pouvoir naviguer en lui-même et faire des aller – retours du niveau 1 au niveau 3 et du niveau 3 au niveau 1 pour envisager les accès possibles. C’est ce qui lui permettra de rebondir au plus près de ce que dit ou fait l’élève et de construire pour lui un apport réellement explicite.

L’accès aux codes

Cela peut se réaliser sur des éléments explicites quand il s’agit de situer des notions constitutives des codes sociaux. La notion de code suppose une organisation sociale reconnue .L’entrée dans les codes relève du consensus sur des éléments pris en compte et sur leur organisation. Les signes relèvent d’un patrimoine culturel pour construire une signification accessible à tous. Mais les modes d’accès peuvent varier et les éléments déterminants être distingués de façon spécifique. Pour apprendre à lire il est important de combiner des lettres ou de distinguer des sons ? L’accès déterminé conduira un rapport différent pour construire le code. Cette connaissance de l’organisation des éléments du code permet un appui pour situer la compréhension de l’élève parce qu’elle situe explicitement les éléments du code et son organisation. Aider l’élève suppose alors de faire varier les accès et de susciter l’usage et l’analyse des codes dans toutes les situations de sens possibles. Cela demande aussi de faire des interactions permanentes entre les différents accès et de s’appuyer sur la réversibilité de la pensée de l’élève.

L’accès aux notions qui organisent la connaissance du monde

Cela n’est pas du même ordre quand il s’agit d’une connaissance du monde qui ne relève plus d’un code mais d’un point de vue, fut-il scientifique. Il s’agit alors de la construction de points de vue sur le rapport au savoir , de croyances,  qui vont évoluer en fonction des transformations cognitives de chacun sur chaque sujet particulier. Les éléments pris en compte et l’importance qui leur sera accordée seront différents suivant les éléments qui sont proposés, plus ou moins consensuels, et l’histoire de chacun.

Aider l’élève suppose alors de lui faire prendre conscience de la nécessité de confronter ses représentations avec celles d’autres points de vue pour qu’il prenne en conscience et questionne la validité de ses mises en relation. L’élève devra accepter la transformation de ses croyances sur le monde pour pouvoir progresser dans les différents niveaux de ses connaissances. Cela lui sera possible au cours du temps si on prend en compte sa capacité à évoluer pour se décentrer de ce qu’il perçoit pour le faire accéder à l’objectivité . Si on lui permet de construire une réversibilité de pensée ouverte et rétroactive , dans tous les domaines.

L’enseignant  doit prendre conscience de l’impact de l’organisation

de l’écrit dans le développement de la pensée

L’enseignant doit prendre conscience que ce qui structure sa pensée d’adulte c’est son rapport à ce qui est dit ou écrit. Sa pensée n’est pas organisée comme celle de l’élève parce qu’il pense en mots et avec les catégories de références de l’écrit. Son écoute et sa compréhension sont donc orientées par ces compétences installées.

Il lui faudra accorder de l’importance à l’oral, à ce qui est dit. Il lui faudra prendre conscience de ce qui est dit par lui, l’adulte, avec son vocabulaire qui semble simple et dont chaque terme peut se révéler complexe ou inaccessible pour l’élève. Il devra veiller à construire une explicitation permanente , large et en lien avec les éléments de compréhension de l’élève.

Il lui faudra aussi apprendre à écouter ce qui est vraiment dit  par l’élève, qui montre le déroulé  de son fil de pensée. L’écoute de l’enseignant se trouve souvent placée dans l’attente de mots clés, qui déterminent pour lui une compréhension. On constate souvent que ces mots clés, utilisés par les élèves qui savent que l’enseignant attend qu’ils les utilisent , ne permettent pas de situer leur niveau de compréhension. Ce sont les mises en relation qu’ils vont réaliser pour expliciter la nature, l’usage et l’importance de ces mots clés qui permettront de constater ce que l’élève a vraiment compris.

C’est ce constat que permet l’analyse de langage. Elle met en évidence ce que l’enfant prend en référence et comment. Elle peut donc aider l’enseignant à constater où en est chaque enfant et lui proposer ce qui l’aidera à construire ce qui lui manque. Il ne s’agit pas de certitude sur ce qui a été analysé ou de classer les élèves en fonction de ce qui a été constaté .L’analyse de langage permet à l’enseignant de rester vigilant sur ce qu’il pense savoir de l’élève et de son rapport au savoir. Chaque analyse apporte des éléments différents qui complètent et modifient ce que l’enseignant pense connaitre du rapport au savoir des élèves. Cela lui permet de réajuster sa représentation des connaissances des élèves et de la construction possible des notions.

Pour permettre la construction des connaissances, l’enseignant doit connaitre les trois niveaux d’organisation d’une notion : les éléments, les mises en relation, la structure du Tout ;  les trois niveaux de signification possible : une information, une connaissance partielle, une connaissance structurée et reliée et les trois niveaux de compréhension : ce qui est reconnu, ce qui est relié à, ce qui est compris, par chaque élève. Cette formation sur les trois niveaux  permet à l’enseignant de placer chaque élément de langage de l’élève comme un révélateur de là où il en est à ce moment là. Cela lui permet aussi de rebondir en utilisant l’élément ou la mise en relation qui seront proches de la zone de développement de la pensée de l’élève.

Des conditions favorables

Pour permette la compréhension par l’élève, l’enseignant doit favoriser des modes d’accès et des conditions qui donneront le temps et la sécurité nécessaire à chacun pour progresser dans tous les niveaux de signification.

Il peut situer des éléments mais l’importance qu’ils peuvent avoir ne peut provenir que de l’attention et de la prise de conscience de l’élève de cette importance.

Il peut énoncer des mises en relation mais si celles-ci ne sont pas prises en conscience par l’élève, elles resteront en mémoire comme des associations fragmentées et non porteuses d’un sens transférable sur d’autres éléments .

Il peut évoquer la structure qui organise le Tout mais, si les mises en relation ne sont pas porteuses de sens pour l’élève, la structure ne prendra pas sens et légitimité.

Il doit donc permettre et favoriser que l’élève puisse faire ces prises de conscience :

  • Qu’il se sente intéressé par ce qui se passe pour que son attention soit focalisée sur les éléments qui sont en jeu.
  • Qu’il puisse avoir le temps et les moyens qui lui conviennent pour essayer à sa façon et faire des mises en relation différentes.
  • Qu’il puisse échanger et se confronter à d’autres points de vue pour transformer ses représentations et du coup prendre en compte d’autres éléments ou d’autres mises en relation.
  • Qu’il se sente en sécurité et qu’il ne situe pas une attente ou une pression ; que ses essais soient reconnus en tant que tels, comme des écarts, des changements, des possibles et non situés comme des échecs par rapport à une norme .
  • Qu’il puisse bénéficier de temps de pauses, de bilans, de synthèses pour construire un arrêt et une mise à distance ; pour permettre petit à petit des prises de conscience ; pour avoir une autre perspective en vue qui n’est pas encore claire mais qui évoque d’autres chemins .

Conclusion…

Il s’agit une fois encore de formation, d’esprit critique, de choix éclairés .

Il s’agit de s’informer et de pouvoir s’appuyer sur des recherches et des théories sur l’apprentissage.

Il s’agit d’une liberté pédagogique qui se place dans l’analyse et la culture pédagogique.

Il s’agit, de mon point de vue, d’un enseignant Freinet parce qu’il situe avant tout le besoin de partir des enfants pour que les apprentissages prennent sens.

Il s’agit d’un enseignant Freinet parce qu’il se situe dans une visée éthique et politique : que les apprentissages soient reliés à la connaissance du monde, à la vie ici et ailleurs, aujourd’hui et demain.

Cette liberté pédagogique que nous réclamons peut être revendiquée au nom du droit au développement de la pensée pour trouver une place juste et équitable pour tous dans le monde d’aujourd’hui.

Elle passe par la connaissance et l’analyse des niveaux de construction, de signification et de compréhension. Elle passe par la formation sur une pratique réflexive. Elle passe par la prise en compte de la nécessité de partir des élèves pour pouvoir leur offrir toutes les conditions favorables au développement de LEUR pensée sur la vie et le monde et pas seulement dans l’école et le projet individuel.

Cela ne se réalisera pas si la norme et la prescription sont aux commandes et empêchent fondamentalement le fonctionnement de la réversibilité de la pensée et l’esprit critique .

Il y a une vraie lutte pédagogique et politique à mener . Elle ne sera féconde que si les enseignants possèdent des connaissances et des arguments qui ne relèvent pas que de l’opinion ou de la croyance. C’est à partir  d’une culture pédagogique éclairée que la crédibilité peut se construire.

Nous avons des outils formidables pour nous aider, qui portent une cohérence reliant la réversibilité de la pensée, la précision des mots avec leur mise en lien avec d’autres essentiels, l’histoire et l’évolution des pratiques, la pratique et la théorie, les valeurs avec les principes.

Que l’année 2019 vous apporte à tous la possibilité de vous ressourcer dans cet ouvrage .

Bonne année et bonne lecture !

La pédagogie Freinet se construit dans l’échange de points de vue , dans l’échange et la coopération avec une visée émancipatrice basée sur de l’explicite, en lien avec la vie et l’éthique ….

Voir les liens de la Rubrique Pédagogie

Voir les articles de la Rubrique Lire- Ecrire 

Voir le contenu des valises par niveau PS au CM

Voir les Affiches de synthèse

Voir les liens de la Rubrique Développement de la Pensée

Voir les liens de la Rubrique Langage

Voir les liens de la Rubrique Mathématique

Voir les liens  de la Rubrique Connaissance du monde

J’en profite pour vous rappeler  la sortie d’un livre que nous avons écrit à 10 enseignants du groupe Freinet 44,  qui donne à voir nos parcours, nos questionnements, nos doutes et nos différences

Ce livre s’appelle: Ouvrons des pistes, itinéraire de 10 enseignants Freinet,  Edition du Centre du Travail.

Voir l’article: deux livres pour toi qui débutes en Pédagogie Freinet

Vous trouverez, dans la colonne de droite de ce blog, deux tableaux récapitulatifs de tous les articles du blog, rangés par rubriques, afin de vous donner une vision d’ensemble de ce qui est paru dans ce blog.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à vous inscrire sur la News Letter dans la colonne de droite du blog pour recevoir une présentation des prochains articles. Vous pouvez aussi laisser un commentaire , poser des questions ou demander des renseignements. Bonne lecture…

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