Quelles notions essentielles à l’école au niveau écologique ?

Dans cet article vous trouverez deux propositions pour construire à l’école une culture commune au niveau de l’écologie : les BD de Hubert Reeves et la fresque de Julien Dossier.

Je présente l’intérêt de ces deux types de support et je défends l’idée de les articuler pour construire des apprentissages qui placent la vie au centre de la classe.

Je donne pour chaque cycle: maternelle, cycle 2 et cycle 3, une liste de notions et de mises en relations possibles , en lien avec le développement de la pensée des élèves de ce niveau d’âge. Je décline des situations d’enseignement basées sur l’utilisation conjointe de ces supports.

Je termine l’article sur la visée émancipatrice « freinétique » de cette vision de l’enseignement….

    

De quoi parlons-nous quand nous parlons d’écologie ?

Apprendre se réalise sur trois niveaux différents.

  • Au premier niveau,  la perception nous fait enregistrer des informations sur quelque chose qui est distingué à un moment donné. On mémorise ce qu’on a vu ou entendu.
  • Au deuxième niveau, l’attention porte sur des éléments qui sont reliés parce que la pensée est en mouvement et cherche à trouver du sens. On mémorise  comment certaines  choses sont reliées et parfois pourquoi.
  • Au troisième niveau, on construit un point de vue qui se forme à partir d’informations et de mises en relations qui sont choisies et reliées pour former un tout complexe. On comprend. On sait pourquoi.

L’écologie appelle à la complexité. L’écologie ne peut pas se situer uniquement dans la recherche d’informations. L’écologie suppose de chercher à comprendre comment fonctionnent des systèmes : le cycle du vivant, l’interdépendance des espèces, les conditions qui favorisent ou défavorisent les écosystèmes et la vie. L’écologie ne peut pas se situer dans un apport d’informations qui ne sont pas mises en relation sur la base d’un axe de compréhension. L’écologie  suppose de pouvoir construire un point de vue en fonction de paramètres qui sont mis en interaction et en fonction d’un contexte qui est explicité et qui peut varier.

Faire de l’écologie avec les enfants à l’école ne peut pas rester situé dans l’observation du milieu, dans la reproduction de savoir-faire ou de comportement, ou dans la mémorisation des informations qui touchent à la nature ou au vivant.

Faire de l’écologie à l’école avec les enfants suppose pour un enseignant de faire prendre en compte la vie et le vivant et de prendre appui sur l’interdépendance des conditions, des contextes et des transformations  pour comprendre comment vit et évolue le vivant sous toutes ses formes.

Faire de l’écologie aujourd’hui signifie accorder une attention toute particulière à la place de l’homme et à ses modes de vie parce que ce sont des facteurs essentiels qui expliquent en quoi et comment la vie ne peut plus et ne doit plus être la même sur la planète.

Alors quelles sont les notions essentielles qui peuvent permettre de faire prendre conscience dès le plus jeune âge de notions clés sur l’écologie ? Sur quelles références pouvons-nous nous appuyer pour construire avec la même intensité, la même richesse et  la même justesse pour tous une culture commune au niveau écologique, qui ait du sens pour nos élèves et qui les aide à comprendre la vie et le monde d’aujourd’hui ?

Vous trouverez ici deux propositions 

  • Une proposition de référence sur des connaissances ciblées : les BD de Hubert Reeves.
  • Une proposition de lecture et d’analyse de la vie dans toutes ses composantes : la fresque de Julien Dossier.
  • Ces deux propositions sont complémentaires. Elles articulent des apprentissages et des situations d’enseignement basés sur la vie et la compréhension du monde.

I – Une culture commune : les BD de Hubert Reeves

Hubert Reeves a écrit trois BD qui traitent chacune de notions essentielles, organisatrice de mises en relation au niveau écologique : La Forêt, La Biodiversité, Les Océans. (Ed Le Lombard). Une quatrième BD devrait ensuite expliquer Le Climat. Pour chacune  le titre est : Hubert Reeves nous explique.

Ces supports présentent des dessins et des décors simples et facilement reconnaissables. Les phrases sont courtes et accessibles. Les mots plus complexes sont explicités et mis en lien avec des exemples qui se raccordent à du vécu et du connu. Hubert Reeves apparait assez souvent, dessiné comme un personnage qui explique et répond aux questions d’une famille de deux enfants qu’il emmène visiter des lieux choisis différents. L’humour est présent dans les dessins comme dans les phrases sans que cela ne parasite l’information.

Deux BD abordent des notions qui font image et sens dès le plus jeune âge : la forêt, les océans. Leur définition est accessible facilement. Ces deux notions clés permettent d’élargir la perspective imagée concrète de façon temporelle, géographique et économique. L’écologie est bien au centre de ces deux supports parce que ce sont les mises en relation sur le vivant qui permettent de comprendre les exemples proposés. Chaque information est reliée avec une mise à distance qui ouvre le point de vue. Dans la BD sur la forêt par exemple on aborde : la diversité des forêts, leur ancienneté selon les climats et leur évolution naturelle ;  l’entraide entre les arbres, l’interaction arbres et autres espèces aussi bien dans la canopée que dans le sol ;  la présence des loups ou des lucioles qui  peut transformer la chaine alimentaire ou le tourisme…. Et l’impact des initiatives de l’homme.

La BD sur la biodiversité a un titre plus abstrait mais elle est pourtant elle aussi très accessible parce que les éléments d’information relèvent du concret et sont rattachés à ce que vivent les enfants dans leur quotidien. Les énergies, les modes de culture, la disparition des espèces sont abordés très simplement et de façon neutre. On peut supposer que la BD sur le climat permettra elle aussi une ouverture et une réflexion simple, construite et explicite.

La lecture de ces quatre supports permet de relier tout ce qui peut être traité à l’école élémentaire pour construire des points de vue sur une écologie informative et réflexive, avec une perspective d’ouverture et non d’anxiété sur les possibles et le futur.

On pourrait imaginer que chaque enseignant ait lu ces BD et qu’il puisse échanger autour d’elles avec les collègues, les familles, les partenaires, qu’ils soient ou non de son école. Cela permettrait qu’une réelle culture commune sur l’écologie soit en place , accessible à tous et aux élèves, tout en laissant la possibilité d’échanges et de points de vue différents suivant les projets de classes. Cela permettrait aussi que soient poursuivis chaque année la connaissance et l’accès à la complexité de ces notions à partir de ce que les supports peuvent offrir comme situations de rebondissement, différents suivant les niveaux d’âge et les  projets de chaque année. Cette culture commune pourrait bien sur être étoffée de tous les autres supports choisis par les enseignants et les élèves.

La lecture libre de ces BD pourrait être proposée aux élèves. Les BD seraient présentes dans le bac documentaire de la classe et accessibles à chaque élève qui le souhaiterait , sur des temps de travail personnel ou des temps de lectures voire de prêt. Les BD pourraient aussi être visitées en petits groupes avec l’accompagnement de l’enseignant qui au fur et à mesure des temps de lecture pourrait expliquer, enrichir, rebondir.

Des temps de lecture documentaire seraient donc prévus et institutionnalisés dans l’emploi du temps tout au long de l’année.

II- Une mise en perspective toujours présente : la fresque de Julien

Dossier

Julien Dossier a écrit un livre que j’ai déjà évoqué : Renaissance écologique, 24 chantiers pour le monde de demain. Il y propose une fresque qui permet de donner une image complète, complexe au niveau de la richesse des éléments proposés et simple au niveau de sa représentation sous forme d’un dessin figuratif  , pour illustrer cette renaissance écologique.

«  La version contemporaine de cette fresque ( inspirée de la fresque d’Ambrogio Lorenzetti, sur les effets du bon et du mauvais gouvernement) nourrit notre imaginaire et dessine ce à quoi cette Renaisssance écologique peut ressembler. Loin de l’utopie, elle nous donne des clés des outils des solutions concrètes pour nous mettre en mouvement. Elle ne dit pas tout, elle nous fournit un plan. A nous d’écrire l’histoire…. »

Cette fresque  ( A3 possible à partir de la reproduction du livre,  plan de 3m de long qu’il est possible d’acheter) peut permettre de donner une véritable présence à la vie, à la connaissance du monde dans la classe. Elle présente un tout très évocateur, simple mais très riche,  qui peut être regardé ou analysé en permanence. Elle pourrait rappeler la présence de ce qui se trouve hors de l’école.

Elle peut construire un intérêt et une curiosité au fil du temps qui passe sur  la vie, la nature, les métiers, les possibles. Elle rappelle à tous, à tout moment, que nous faisons partie de ce tout, de la vie, et que notre présence à l’école peut et doit y être rattachée.

Cette fresque résume tout ce qui est possible de vivre et de faire vivre de façon différente , suivant les choix de vie qui sont réalisés et suivant la lecture de celui qui regarde la fresque. Elle pourrait devenir un support d’observation, de distinction, de mises en relation et d’analyse, suivant les choix des enseignants et des enfants.

Cette fresque est organisée pour offrir différents niveaux de lecture et d’analyse comme l’explique Julien Dossier. Avec des enfants on peut privilégier un axe simple, qui présente un équilibre très visible. La fresque peut se lire comme deux morceaux juxtaposés mis en lien: à gauche la vie dans l’espace urbain et à droite la vie hors de la ville dans la diversité des espaces naturels. Des bâtiments, infrastructures, moyens de transports, sont présents ainsi que des hommes et leurs modes de vie.

Cette fresque pourrait être affichée sur un mur de la classe ou du couloir tout au long de l’année. Elle serait ainsi visible par tous et deviendrait une référence immédiate et constante, en évolution au fur et à mesure de ses différentes lectures.

L’utilisation de la fresque

Cette fresque peut être utilisée de façon très différente suivant l’âge des élèves, leurs possibilités de raisonnement, les projets de la classe et les choix et objectifs des enseignants. L’école est le lieu des apprentissages. Les enseignants ont à cœur de cibler les objectifs fondamentaux : lire, écrire, compter. Les situations d’enseignement pour y parvenir peuvent être de nature différente…. Cette fresque peut permettre de situer la vie au centre des intérêts et des apprentissages.

La fresque pourrait devenir une base de l’évolution de la connaissance des élèves dans plusieurs domaines : la connaissance du monde bien sûr mais aussi la production de textes, la lecture et la compréhension de textes ; la mise à jour et la construction de réponses sur des problématiques posées par l’homme et ses modes de vie ou de production ; ce qui peut donner lieu à des calculs, des recherches mathématiques ; la lecture ou la réalisation de cartes ou schémas, la production d’objets techniques, etc …

En maternelle

En maternelle les BD de Hubert Reeves restent incontournables pour créer une culture commune d’enseignant. La lecture de ces BD sera difficile d’accès en maternelle par les élèves, sauf dans certaines classe de GS peut-être.

On peu apporter des supports qui favorisent l’observation du vivant et la recherche naturelle de questionnements et mises en relation.

 

Ces images appellent à regarder ce qui se passe car les manifestations de la vie y sont foisonnantes. Les interactions entre les espèces sont évidentes ou interrogent sur des éléments qui parlent aux enfants. Le fait de pouvoir comparer la même milieu de vie, le m^me écosystème au fur et à mesure des mois qui passent met en avant les transformations de toutes natures entre les espèces.

Les enfants de maternelle peuvent accéder à des questionnements et mises en relation sur le vivant, soit en échangeant entr’eux autour de ces livres, soit avec l’accompagnement de l’enseignant.

N’oublions pas les livres documentaires qui permettent à tous les élèves l’observation et la comparaison, qui nourrissent aussi bien en éléments d’information qu’en mises en relation.

En maternelle la fresque peut apparaitre comme un tout sur lequel on peut distinguer, au fur et à mesure de temps différenciés au cours de l’année, des éléments concrets : les arbres, l’eau, les champs, les montagnes, les commerces, les moyens de transports, et bien sur la présence des humains. Chaque temps d’observation peut donner lieu à une observation et des échanges libres ou à une observation à partir d’un objectif particulier.

Ex : « Tu m’avais dit que tu avais vu des arbres ici. Est- ce qu’il y en a ailleurs ? Est- ce sont tous les mêmes ? Est- ce que vous croyez que ce sont les mêmes que celui qu’il y a dans la cour ? »

« Tu as vu des vélos rangés ici. Pourquoi sont-ils rangés là ? Est- ce que tout le monde se déplace à vélo sur la fresque ? Est- ce que vous, vous vous déplacez à vélo ? »

Cette fresque peut aussi servir d’élément de référence pour faire apparaitre ce qu’on a vu, fait, compris.

On peut alors colorier les éléments de la fresque qui ont été questionnés pour les mettre en valeur et les distinguer pour être particulièrement visibles une prochaine fois.

On peut aussi imaginer de découper cette fresque en morceaux plus ou moins grands pour en faire un puzzle à reconstituer. Comme il n’y a pas de couleur les enfants devront obligatoirement s’appuyer sur le rapport aux formes et au sens de la présence des éléments complémentaires pour reconstituer le puzzle. Les mises en relation de placement des morceaux s’appuieront sur la présence des éléments. Ce qui peut aider les enfants à prendre conscience de la proximité de certains d’entr’eux et à questionner cette proximité. On peut aussi faire des puzzles différents ( morceaux plus petits, plus grands, différents de formes ) pour relier des éléments différents sur lesquels on souhaite attirer l’attention.

On peut également trouver des figurines, des petits objets, à positionner sur la fresque, sur le puzzle,  et laisser les enfants jouer avec pour créer les scenari de leur choix. Ils peuvent aussi avoir un temps de présentation aux autres pour expliquer ce qu’ils ont fait et le pourquoi du placement de leurs figurines.On peut imaginer des tris, des classements d’objets, qui seraient rangés dans des boites différentes.

Et on peut bien sur laisser libre accès au coloriage de cette fresque ou d’un de ses morceaux, en petit format  (A4, A5). Ce qui peut permettre de reconstituer une fresque ….

Il s’agit bien en maternelle de distinguer des éléments concrets, visibles et de faire émerger dans les échanges des mises en relation rattachées au vécu et au connu. Les enfants de maternelle auront une lecture de la fresque qu’ils rattacheront à ce qui leur est proche.

Des éléments d’information clés en maternelle

Des arbres, des forêts, des animaux, la campagne, la ville ; la mer, la rivière, la montagne. Des métiers. Des transports. Des moyens de produire de l’énergie.

Des mises en relation possibles en maternelle

Des interactions entre des espèces. Des chaines alimentaires. Les saisons et le cycle du vivant par espèce. Des conditions nécessaires à la vie. Des milieux de vie. Des modes de vie.

En cycle 2

A partir du CP, les enfants ont acquis la réversibilité de la pensée. Ils peuvent revenir en arrière et remettre en lien une cause et un effet. Ils commencent à comprendre une conséquence et ils peuvent construire des hypothèses. Ils peuvent donc accéder, à partir de cette fresque, à l’idée qu’elle représente des choses que l’on peut comprendre et qui peuvent être différentes suivant la façon qu’on a de la considérer.

On peut donc imaginer d’avoir deux fresques ! Une qui permet de voir ce qui existe vraiment et une autre qui permettrait de voir comment on pourrait faire autrement. Les deux fresques permettraient alors la comparaison qui est toujours source de mises en relation et de possibles.

Sur la première fresque on pourrait colorier ce dont on parle et qui existe. Sur  la deuxième fresque on pourrait faire apparaitre ce qu’on rajoute , ce qu’on imagine, ce qu’on crée. On pourrait même imaginer enlever des choses en les passant en blanc… Le projet est alors en place et prend sens. La pensée des élèves est en mouvement et chacun peut l’explorer à son rythme. On peut définir ensemble dans la classe et dans l’emploi du temps l’usage de cette fresque et les temps d’observation, d’échanges ou d’ajouts en fonction des questionnements individuels ou des projets, des créations, des lectures documentaires, des sorties. On peut aussi proposer d’y ajouter des post-it , des mots, des images pour questionner, illustrer, compléter.

Il s’agit en cycle 2 de distinguer des éléments concrets, visibles et de faire émerger dans les échanges des mises en relation rattachées au connu et qui font évoluer les points de vue. Les enfants de cycle 2 auront une lecture de la fresque qui permet la comparaison et la différence de possibles. Ils rattacheront à ce qui leur est accessible.

Des éléments d’information clés et des mises en relation souvent fondées dans la comparaison en cycle 2

Des arbres différents dans des milieux différents. Des forêts différentes suivant les pays, le climat, l’impact de l’homme .Des animaux différents suivant  le contexte considéré. La campagne par rapport à la ville. La mer alimentée par des rivières qui proviennent des montagnes. Des métiers en lien avec des besoins, des matières, des conditions de production, des infrastructures. Des transports en lien avec  la distance, la travail. Des moyens de produire de l’énergie en fonction des besoins locaux, des ressources.

Des mises en relation possibles en cycle 2

Des interactions entre des espèces. Des chaines alimentaires différentes. Les saisons et le cycle du vivant par espèce. Des conditions nécessaires à la vie. Des milieux de vie. Des modes de vie. D’autres pays : d’autres possibles.

Toutes ces mises en relation peuvent maintenant être comparées, juxtaposées, reliées et les éléments reliés sont plus nombreux.

En cycle 3

En cycle 3, on commence à comprendre un argument parce qu’on accède à la généralisation. On peut passer du particulier au général. Pas pour tout. On peut raisonner sur ce qui est connu pour accéder à un possible inconnu à partir d’un exemple qu’on va généraliser. Il n’est pas encore possible d’en tirer une loi, fondée sur une généralisation abstraite.

On peut donc avoir deux fresques, ou même plusieurs. Pour générer des comparaisons différentes, mettre à jour des mises en relation plus complexes. On peut imaginer une fresque par groupe, qui serait remplie en fonction de l’évolution de chaque groupe et de ses projets, ou des apprentissages réalisés.

Il s’agit en cycle 3 de distinguer des éléments qui sont choisis pour être analysés. Il y a bien une intention et un projet d’apprentissage explicite. Ces éléments distingués  vont apparaitre dans  les échanges et les mises en relation . Ils vont faire évoluer les questionnements, les points de vue et des connaissances organisées. Les enfants de cycle 3 auront une lecture de la fresque qui permet la comparaison et la différence de possibles, qui seront raccordés à des généralisations. La notion de système peut commencer à prendre sens. Les élèves rattacheront leurs mises en relation à des notions principales : le cycle de l’eau, la chaine alimentaire, les conditions de vie, de climat.

En cycle 3 des éléments d’information clés et des mises en relation qui cherchent à analyser une notion plus large

Pourquoi et comment des arbres différents dans des milieux différents, des forêts différentes suivant les pays, le climat, l’impact de l’homme ; des animaux différents suivant  le contexte considéré.

Quelles sont les différences de vie entre la campagne et la ville. Ce qui les motive.

Le cycle de l’eau. Ses liens avec la vie des plantes, des animaux, de l’homme.

Des métiers en lien avec des besoins, des matières, des conditions de production, des infrastructures et l’impact de l’homme. Les  conséquences sur les transports en lien avec  la distance, le travail ; sur les moyens de produire de l’énergie en fonction des besoins locaux, des ressources et de leur utilisation.

Des mises en relation possibles en cycle 3

Les interactions entre les espèces et l’impact de l’homme. Les chaines alimentaires ont des répercussions sur les espèces. Les saisons organisent  le cycle du vivant et chaque espèce se transforme différemment en fonction de ses conditions de vie. Les conditions nécessaires à la vie : celles qui sont nécessaire à certaines espèces ou à d’autres. Celles qui sont nécessaires aux humains. Et ce que cela engendre au niveau des milieux de vie, des modes de vie ici et ailleurs…

Toutes ces mises en relation peuvent maintenant être comparées, juxtaposées, reliées. Les hypothèses sont reliées aux informations en fonction du réel ou du possible, qui sont explicitement distingués.

Un TOUT : l’écologie !

On peut donc imaginer construire au niveau de l’écologie une culture commune qui informe et permet des questionnements ou des possibles : les BD de Hubert Reeves. Elles situent des éléments d’information, des questionnements extérieurs qui nourrissent l’intérêt, la connaissance et la mise en réflexion.

On peut imaginer que l’évolution de cette construction, de ces connaissances, de ces possibles puissent prendre place sur la fresque, dans des temps institutionnalisés et dans des temps de travail personnels ou en petits groupes. La fresque peut donner place à la pensée et la réflexion des élèves et donner à voir la trace de l’évolution des centres d’intérêt et des apprentissages de la classe. Cette fresque permet d’avoir sous le nez une quantité importante d’informations, d’entrées, de possibles et de pouvoir y entrer quand on le souhaite, comme on le souhaite , tout en étant incité à ne pas oublier le reste, qui est présent et qui du coup apparaitra en manque lors d’une prochaine lecture. Elle forme un Tout, accessible pour chacun à sa façon, exploitable suivant les projets et les intérêts de chaque classe. Elle peut donner à voir les domaines et les connaissances visités tout au long de l’année, en lien avec la vie.

Elle peut servir à mettre en évidence ce qui est questionné lors des lectures des BD de Hubert Reeves. Mais elle peut aussi servir à alimenter des questionnements, des projets, et être mise en lien avec les sorties . Par sa présence constante elle met la vie et l’écologie au centre de la classe , pour tout le monde. Cela peut aussi alimenter des échanges avec les autres classes, avec les parents, avec les partenaires de l’école. Elle peut aussi servir de support à la correspondance avec d’autres classes en France et ailleurs…

Il s’agit bien de placer l’écologie au cœur de la classe et des apprentissages, comme centre d’intérêt principal , pour nourrir le développement de la pensée des élèves , les inscrire dans la réalité et leur donner envie d’y  trouver un sens, une place , un rôle.

Voir l’article : Préserver la planète ; revisiter les grands récits sur l’homme et la nature

Conclusion….

Les enfants d’aujourd’hui sont souvent raccordés à une vision du monde extérieure et marchande. Les jeux vidéo et les réseaux sociaux occupent souvent une grande part de leur temps. Ils ont de moins en moins de contacts avec des milieux naturels non urbains. Ce n’est plus leur puissance de vie qui conduit la construction de leur identité. Les outils numériques les situent dans une lecture conduite par le regard et la pensée de l’autre, dans un monde imaginaire, voire virtuel, qui leur fait oublier qu’ils sont des êtres vivants avec ce que cela comporte de possibilités et de limites. Leur place et leur capacité d’agir sur leur vie et sur le monde n’est pas souvent basée sur un rapport naturel aux différentes formes de la vie.

L’émancipation aujourd’hui consiste peut-être à construire une vision du monde axée sur la vie de tous les êtres vivants. Apprendre à se décentrer de ses émotions, de son ego, peut se construire aussi par la possibilité de construire des centres d’intérêts qui concernent la vie de tous, ici et ailleurs.

Autrefois la vie rurale, majoritaire, permettait de construire un rapport à la nature organisateur de la compréhension du monde.

Il est peut-être temps de s’extraire de l’expression basée sur la pulsion, la proximité et l’envie d’une satisfaction immédiate du désir de chacun, pour retrouver le désir de construire une vision d’ensemble, un programme d’apprentissages qui situe un projet de vie et de société équitable et basée sur la vie possible de toutes les espèces.

Cela rejoint les droits de tous les enfants. Cela construit une décentration des émotions et du point de vue.Cela permet le développement de la pensée.

On retrouve deux principes organisateurs de la pédagogie Freinet :

  • Le Tâtonnement Expérimental basé sur la vie ce qui donne place à une expression qui prend sens à partir de la réalité et des autres ,
  • La Coopération à tous les niveaux ce qui favorise une communication ouverte, riche, dense et explicite.

« N’essayez pas de bâtir indépendamment de la vie souterraine. Il faut bâtir avec la vie et dans la vie… Les excuses ne vous manquent pas et elles sont parfois excellentes. L’horticulteur aussi , qui produit de belles pêches nocives, a des excuses, humaines également… C’est bien parce que trop de gens se contentent ainsi de ce qui est que le monde va où le mènent le hasard ou les mauvais génies… 

Les éducateurs, plus que d’autres, doivent s’appliquer à voir juste d’abord, à essayer de faire surgir ensuite, ne serait-ce qu’une lueur de vérité…

Célestin Freinet- Les Dits de Mathieu

 » La voie normale de l’acquisition n’est nullement l’observation, l’explication, la démonstration, processus essentiel de l’école, mais le tâtonnement expérimental, démarche naturelle et universelle. »Invariant N° 11

Voir l’article : La Méthode Naturelle , un atout pour la préservation de la planète ….

La pédagogie Freinet se construit dans l’échange de points de vue , dans l’échange et la coopération avec une visée émancipatrice basée sur de l’explicite, en lien avec la vie et l’éthique ….

Voir les liens  de la Rubrique Connaissance du monde

Voir les liens de la Rubrique Développement de la Pensée

Voir les liens de la Rubrique Mathématique

Voir les liens de la Rubrique Pédagogie

Voir le contenu des valises par niveau PS au CM

Voir les Affiches de synthèse

Voir les liens de la Rubrique Langage

Un livre que nous avons écrit à 10 enseignants du groupe Freinet 44,  qui donne à voir nos parcours, nos questionnements, nos doutes et nos différencesCe livre a pour titre:  Ouvrons des pistes, itinéraire de 10 enseignants Freinet,  Edition du Centre du Travail.

Voir l’article: deux livres pour toi qui débutes en Pédagogie Freinet

Vous trouverez, dans la colonne de droite de ce blog, deux tableaux récapitulatifs de tous les articles du blog, rangés par rubriques, afin de vous donner une vision d’ensemble de ce qui est paru dans ce blog.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à vous inscrire sur la News Letter dans la colonne de droite du blog pour recevoir une présentation des prochains articles. Vous pouvez aussi laisser un commentaire , poser des questions ou demander des renseignements. Bonne lecture…

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